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Annaba. 1er Festival de la musique citadine

09/10/2006 - Lu 5698 fois
L’engouement des artistes et du public

Il a un nombreux public. Mme Khalida Toumi, la ministre de la Culture, savait déjà qu’une manifestation culturelle à Annaba ne risquait pas de foirer. Elle en était certaine, d’autant que l’organisation était présidée par Driss Boudiba, l’un de ses plus anciens collaborateurs de haute compétence.

Elle a tenu à se déplacer pour la cérémonie officielle d’inauguration. Euphorique, Mme Khalida a annoncé que sur les registres de son département, elle a inscrit 29 festivals d’envergure nationale et internationale dont celui de la musique citadine de Annaba. Euphorique certes, mais elle ne l’était certainement pas assez pour situer les Journées du cinéma méditerranéen de Annaba sur ce registre. Euphoriques également le public, les musiciens et les chanteurs qui, depuis la première soirée, se sont donné rendez-vous au théâtre Azzedine Medjoubi. Cette infrastructure fait, chaque soirée, salle comble. Les chanteurs, les musiciens et les troupes sont nombreux. Tous contribuent à offrir une musique et une chanson citadines d’excellente qualité dans son ensemble, parfois d’un très haut niveau. S’il n’est pas inutile d’insister sur ce point, c’est qu’il s’agit là de musiciens et de chanteurs professionnels à 80%. Tous sont à Annaba pour faire revivre une époque, pour nous rappeler l’andalou, la malouf et le chaâbi. Trois genres de musique nés il y a plusieurs siècles. Et il fut un temps où les réunir en même temps était une fête. Une formidable kermesse où l’on n’avait pas peur de jouer à tous vents du violon, oud, guitare, mandoline, banjo, derbouka, tar, kanoune… pour dire sa joie d’être là. Saloua, à qui hommage a été rendu, était là. Elle n’a pas raté l’occasion de se lancer dans des petites « estikhbarete » de grande envolée.

Les organisateurs avaient laissé à Layachi Dib et sa troupe de Bouna l’historique, le soin d’accueillir les invités de marque du festival. Pour la circonstance, Dib Layachi s’était habillé en costume traditionnel bônois : gandoura, chemise, chéchia et babouches. Il a eu l’honneur d’ouvrir le feu musical. La belle voix de Kamel Bourdib venu d’Alger a fait le reste. L’accent était mis d’emblée sur la spontanéité et le côté convivial de cette première soirée musicale ramadhanesque rehaussée par la voix charmeuse, envoûtante et ô ! Combien mélodieuse de Nadia Benyoucef. Des extraits de répertoires du terroir datant de plusieurs siècles se relayaient dans le plus pur style du malouf, andalou et chaâbi. Les Fergani Mohamed Tahar le père et Salim le fils prendront la relève en compagnie de leurs musiciens pour clôturer la soirée. Et quelle clôture ! Digne des Mille et Une Nuits avec Mme Toumi Khalida dans le rôle de Shéhérazade. Grâce à une parfaite mise en place, les Fergani recréèrent à s’y méprendre les sonorités des années 1970 quand Hadj Mohamed Tahar Fergani, le ténor de la musique et chanson malouf, était au sommet de sa gloire d’artiste. Avec son fils, ils servirent au public quelques morceaux de choix très applaudis par le public.

Le lendemain, c’est au tour de Brahim Bey de faire son entrée au côté de Abdelkader Chaou précédé par la troupe Ichbilia de Souk Ahras. Et si Brahim Bey excella dans le malouf, avec Abdelkader Chaou, le public a retrouvé l’essentiel du chaâbi. Il a retrouvé surtout une atmosphère d’époque servie par les interventions vocales de Chaou et le choix des morceaux entraînants. Ce chanteur de chaâbi a rapidement conquis le public annabi par la qualité de sa musique et ses chansons. Spectateurs hommes et femmes se sont laissés séduire par la découverte de chansons peu connues et la subtilité de leurs arrangements. Ce même public n’a pas manqué à la fin de manifester son enthousiasme. Il suffisait de regarder la scène et le décor pour savoir que la promesse faite par Driss Boudiba était déjà tenue. Tout y était, les costumes, les instruments datant de plus d’un siècle, les accessoires et surtout l’ambiance ramadhanesque. Elle a été recréée par les artistes venus de plusieurs régions du pays avec dans leurs bagages de splendides morceaux de musique du terroir.

Durant les deux premières soirées mémorables de ce festival, la salle était en délire. Dib Layachi, Kamel Bourdib, Nadia Benyoucef, Mohamed Tahar et Salim Fergani, Saloua, les musiciens de Ichbilia et Chaou Abdelkader resteront certainement dans la mémoire de ceux qui étaient présents au théâtre Azzedine Medjoubi. Dakhla Emarek, la troupe d’El Béjaoui, celle de la culture et des arts de Blida, Abdelli Hassen, Nouredine Allene Fethi Rouanet leur ont succédé durant le week-end.

A. Djabali [EL WATAN - 08-10-2006]

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