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Culture. Le cinéma se meurt

09/12/2006 - Lu 2838 fois
Amar Laskri, réalisateur cinématographique algérien, était récemment au micro de notre confrère de la radio locale dans le cadre du forum. Durant deux heures, Laskri a établi un état des lieux du cinéma en Algérie. Il est catastrophique.

Dans ses propos, se sont confondus cynisme et habilité des principaux gestionnaires à entraîner dans l’oubli le cinéma algérien, indifférence et laxisme, laisser-aller et abandon culturel. « Depuis la fin des années 1980, l’Algérie n’a pratiquement plus rien au plan de la réalisation cinématographique. Tant et si bien que l’on est arrivé à nous faire passer pour grandioses, les petits prix décrochés au dernier Festival de Carthage. D’acte tout ce qu’il y a de normal sous d’autres cieux, nous avons fait de l’ouverture de la cinémathèque de Annaba un événement. Cinématographique ou télévisuel, il n’y a plus de création au sens propre du terme », le décor était ainsi planté dans ce forum animé par notre confrère Mohamed Seghir Zaïm. Amar Laskri ne s’arrêtera plus. Son réquisitoire sur le monde cinématographique national fut très dur. Un monde figé, livré à lui-même, sans structure de régulation, sans salle de spectacles pour la distribution et sans finances. Le tricard médiatique des années 1970 a été époustouflant de vérités assénées sur un patrimoine culturel en déperdition. Il a parlé des originaux de films algériens perdus quelque part dans le monde du divorce et du purgatoire dans lequel s’est enfoncé le cinéma national. « Tout se passe comme si notre cinéma n’a jamais existé alors qu’il était envié. Aujourd’hui, il est dépassé, y compris par le Maroc transformé en Hollywood arabe. Nous avons investi plusieurs milliards dans la création de plateformes cinématographiques à Alger. Elles sont fermées ou sous-utilisées. Les structures de régulation qu’étaient le CAIC, l’ENPA et l’ENCC ont été dissoutes sans que leur remplacement n’ait été prévu. » Amar Laskri a parlé de la disparition des cinémathèques à travers le pays. « Actuellement, il n’ y a que cinq cinémathèques en Algérie. Elles étaient plus d’une vingtaine les années précédentes. A Constantine, à Oran et dans la majorité des régions du pays, les salles de cinéma ont totalement disparu », a affirmé celui qui, pour les générations d’hier et actuelles, représente une institution pour le cinéma national.

M. F. Gaïdi [EL WATAN - 07-12-2006]

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