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Entreprises publiques économiques à Annaba

18/04/2007 - Lu 7380 fois
Un potentiel de production en mal d’efficience

Depuis leur prise en main par respectivement les indiens de Arcelor Mittal Steel et les espagnols de Fertibéria (Fertial en Algérie), les complexes de sidérurgie d’El Hadjar et celui des engrais phosphatés, sur la route des Salines, enregistrent des résultats en progression constante. Leur production et leur chiffre d’affaires annuel sont en hausse.

L’impact s’est fait ressentir sans le sens positif sur les activités de l’Entreprise portuaire de Annaba (EPA). Ce qui aurait stimulé l’intérêt des français sur cette infrastructure en Algérie. Arcelor fait partie du lot. Il faut dire que le port de Annaba représente un des maillons les plus névralgiques de la chaîne algérienne des transports. Il y joue le rôle d’interface avec les frontières étrangères. L’intéressement des Entreprises publiques économiques à AnnabaUn potentiel de production en mal d’efficienceDepuis leur prise en main par respectivement les indiens de Arcelor Mittal Steel et les espagnols de Fertibéria (Fertial en Algérie), les complexes de sidérurgie d’El Hadjar et celui des engrais phosphatés, sur la route des Salines, enregistrent des résultats en progression constante. Leur production et leur chiffre d’affaires annuel sont en hausse. Français devrait se matérialiser par, d’abord, le déplacement de leurs experts pour une étude d’évaluation. C’est dans ce cadre qu’un groupe de représentants d’intervenants maritimes de l’Hexagone, de Arcelor et des gestionnaires de Fos sur mer, effectueront dans les prochains jours, une visite de travail à Annaba. Ils auront tout le loisir de constater que les indiens de Mittal Steel/Arcelor leader mondial de la sidérurgie et les espagnols de Fertibéria spécialisés dans la production des engrais phosphatés ont planté leur campement sur les quais de Annaba. Les spécialistes de la réparation navale, notamment ceux de la Compagnie maritime de réparation (CMR) feraient le voyage. Ces derniers seraient disposés à proposer un partenariat pour la réalisation d’une station-service maritime. Les Français ont été précédés des représentants d’une société écossaise. Elle est en charge de la maintenance et de l’entretien des installations de production de Fertial, la filiale algérienne de Fertibéria. Dans cette ronde économique, les Allemands ne suivront pas. Plusieurs opérateurs économiques d’Allemagne avaient visité les installations de l’entreprise publique économique Ferrovial. Ils sont repartis et n’ont plus donné signe.

Partenariat

Aujourd’hui, à Ferrovial, les travailleurs estiment que les unités de production de wagons pour le transport de marchandises, des locomotives de manœuvre et des voitures voyageurs, de métro et de tramway, n’intéressent plus aucun partenaire étranger. "Dans le cas précis de Ferrovial et sachant que les nouveaux produits n’y sont pas fabriqués, elle a très peu de chance d’attirer un partenaire retenu suite à un appel d’offres. Dans d’autres pays, dans le cadre de la mise en œuvre de grands projets, l’Etat ne s’est pas contenté de la posture de simple consommateur de produits importés. Il a imposé au fournisseur retenu l’intégration d’entreprises nationales à charge pour ces dernières de ce mettre à niveau ", estiment de leur côté les responsables de Ferrovial qui n’ont jamais caché leur intention de conquérir, avec ou sans partenaire, le marché national algérien des produits qu’ils commercialisent. Ce qui relance l’inépuisable débat sur la question des entreprises algériennes dans l’incapacité de prendre en charge les mégaprojets les 5 tramways, la réhabilitation ou le développement des lignes ferroviaires, la réalisation des tronçons de route Est/Ouest. Relancée aussi la question des lignes de crédit que l’Etat algérien doit proposer à des pays à la condition que ces derniers acquièrent les produits algériens. C’est dire que le sort de Ferrovial préfigure celui d’autres pièces importantes de notre économie dans le secteur industriel et places financières avec la privatisation annoncée des banques. Dans cette bataille, bon nombre d’entreprises algériennes, hier inscrites sur la liste des fleurons de l’industrie nationale, paraissent être des petits poucets. En Algérie et ailleurs, on a vu leurs représentants faire bien piètre figure à l’ouverture des plis de marchés destinés à des projets d’envergure en Libye, Soudan, Syrie... L’expérience irakienne vécue par Ferrovial durant les années 1990 avec le contrat pour la fourniture de wagons algériens à l’Irak. La SNTV aurait pu aussi décrocher le marché objet de l’appel d’offres international émis par le ministère syrien des Transports pour l’acquisition par son pays de 400 autobus. Ce marché sur lequel avait longuement travaillé Kamel Bouchama, notre ambassadeur à Damas en 2002, aurait pu être décroché. Tout autant qu’un autre intéressant Ferrovial pour des wagons et voitures voyageurs ferroviaires. Ce marché a fait le bonheur des autres. Nos représentants n’avaient pas les moyens de se positionner comme l’ont fait leurs concurrents occidentaux et d’Asie. Ferrovial a une nouvelle fois tenté le coup avec les Libyens. Elle s’était portée soumissionnaire dans le projet de réalisation d’une ligne ferroviaire longue de 3000 km devant relier la Libye à l’Egypte. Lorsque l’intérêt national l’exige, dans bien des pays, les différences sont aplanies et les inimitiés mises entre parenthèses. Ce qui n’est pas le cas chez nous. Toutes les formes de bureaucratie sont avancées sur l’échiquier. "C’est à croire que certains décideurs sont dénués de toute conscience nationale. Pour la modernisation et le développement des chemins de fer algériens, nos décideurs ont décidé d’engager une enveloppe estimée à plus de 6 milliards de dollars. Dans cette démarche l’on a fait appel aux sociétés étrangères sans pour autant faire mention dans les conditions de la nécessité d’impliquer les entreprises algériennes pour des opérations de sous-traitance", précise Mohamed Seghir T., enseignant universitaire à la faculté des sciences humaines Badji Mokhtar de Annaba. La mise en application de cette condition de sous-traitance algérienne dans le projet ferroviaire permettrait la réalisation d’un plan de charge conséquent pour Ferrovial. Outre la création de plusieurs centaines de travail en direct, en amont et en aval des activités de cette entreprise, plusieurs dizaines de millions de dollars serviront à maintenir l’industrie ferroviaire algérienne. S’ajoute à cela le transfert de technologie et sa maîtrise, le développement de la technologie, la garantie d’une maintenance fiable, la préservation des postes d’emploi existants et la consolidation du savoir-faire des cadres et travailleurs algériens indispensable dans les compétitions internationales. L’on n’en est pas là jusqu’ici. Ferrovial avec ses 380 travailleurs continue toujours de broyer du noir. C’est la même situation que vivent de nombreuses autres entreprises publiques économiques dont le potentiel de production est toujours intact.

A. Djabali [EL WATAN - 17-04-2007]

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