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Annaba. Fournaise, abattage clandestin, violence verbale et physique

Publié le 13/09/2008

La première semaine du mois de ramadan à Annaba, quatrième grande ville du pays, a démenti certaines assertions et mis à nu la grande détresse sociale dans laquelle vivent de nombreuses familles démunies.
Il n’y a qu’à observer la grande foule massée devant les édifices chargés de la distribution des couffins conjoncturels à ce mois pour mesurer toute l’étendue de la pauvreté qui gagne de jour en jour de larges couches de la population. Malgré la volonté de ceux qui ont la charge d’établir les listes des bénéficiaires, ces maigres aides ne suffisent même pas pour couvrir les dix premiers jours du carême. Par ailleurs, selon certaines personnes impliquées dans la distribution de ces aides, des individus aisés, toute honte bue, se font servir en faisant fonctionner le piston sans le moindre remord. Cette première semaine de jeûne a été marquée, depuis le premier jour, par une chaleur excessive ayant provoqué le départ de plusieurs feux rendant l’air irrespirable, notamment pour les personnes malades et âgées. Au huitième jour, le marché a démenti les prévisions du ministre du Commerce faisant état d’une baisse des prix au cinquième jour du Ramadan, et à l’exception de la pomme de terre, des carottes et de quelques autres légumes en abondance pour la saison, c’est le contraire qui s’est produit pour les œufs à 10 DA, des viandes rouges et blanches majorées de 50 DA pour le poulet et 150 DA pour les viandes ovine et bovine, la laitue atteignant les 100 DA le kilogramme, la tomate fraîche entre 40 et 60 DA, la betterave et les choux, respectivement à 60 et 80 DA, pour ne citer que ces produits. Ce mois, jadis qualifié de mois de la rahma (mansuétude) par nos pères et grands-pères, a apporté son lot de pénuries dans un produit alimentaire essentiel, en l’occurrence le lait, comme il a favorisé l’augmentation d’une pratique, pourtant limitée avant cela, consistant en l’abattage clandestin de bovins, ovins et caprins. Plus grave encore est le phénomène de la multiplication des actes de violence avec des blessures plus ou moins graves à l’aide d’armes blanches et autres objets dangereux. Le lait en sachet, dont une bonne partie est produite par la laiterie publique Edough, outre les quelques autres unités du secteur privé, disparaît tôt le matin des étals des crémeries et commerces d’alimentation générale. C’est aussi le cas, mais à un degré moindre, du pain normal, qui n’est disponible qu’au niveau de certaines boulangeries et la matinée uniquement, alors qu’une profusion de ce même produit, façonné sous diverses formes et saupoudré de sucre ou de grains de sésame, est cédé à des prix proches du double, voire du triple. Attirés par le prix alléchant de la viande rouge, proposée dans certains marchés hebdomadaires des agglomérations de la wilaya et même sur les bords des routes à la périphérie de la ville, les consommateurs ne font pas de distinction entre une viande venant d’un abattoir officiel et contrôlée par des vétérinaires et celle de bétail abattu en pleine nature et qui plus est vendue sur des étals de fortune à l’air libre et sans le moindre souci d’hygiène. Les services de contrôle de la qualité et de la répression des fraudes comme les associations de défense des consommateurs sont interpellés pour, sinon mettre un terme à ces comportements préjudiciables à la santé publique, du moins les limiter dans l’intérêt du consommateur sans lequel ils n’ont aucune raison d’exister. L’autre phénomène qui a pris de l’ampleur en ce début de mois sacré, ou «sacré mois», comme l’a si justement écrit notre chroniqueur et néanmoins ami Boubakeur Hamidechi, dans sa dernière chronique hebdomadaire intitulée “Lettre de province”, c’est le nombre effarant d’actes de violence, aussi bien verbale que physique, et souvent pour des futilités. Pour un oui ou pour un non, on en arrive rapidement aux mains. Après un rapide round d’observation, consacré uniquement à un “échange d'amabilités”, les unes plus salées que les autres, commence alors “le combat” proprement dit où tous les coups sont permis. Du tranchant au contondant en passant par les instruments de mesure, lancés à la face des personnes qui contestent le poids ou la qualité du produit acheté… Il y a également les batailles rangées entre clans de vendeurs se disputant les espaces du commerce informel… Annaba est devenue un grand bazar à ciel ouvert.

Le soir d'Algérie > 13/09/08 > Mohamed-Ali Khellaf


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