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Annaba. Tourisme: Sa survie dépend de véritables professionnels

Publié le 04/08/2009

Toute projection ou tentative de développement touristique ne tenant pas compte de l’exigence primordiale dans ce secteur, que sont l’accueil et le service, est forcement vouée à l’échec. La réussite dans ce domaine n’est pas nécessairement synonyme d’édification, à coup de dizaines de milliards, d’infrastructures ou de complexes sans âme ni personnel qualifié. Quatrième cité algérienne et important port méditerranéen, Annaba, classée pourtant pôle d’excellence touristique, aurait pu mieux faire.

Hélas, d’année en année, elle constate, impuissante, le ratage de ses saisons estivales touristiques, au sens propre du terme. C'est-à-dire des visiteurs qui viennent pour des séjours plus ou moins étalés dans le temps. Et ce n’est pas le nombre des estivants-baigneurs originaires des villes et villages des wilayas limitrophes de l’arrière-pays, recensés dans les plages de Annaba, notamment durant les week-ends, et comptabilisés comme touristes, qui changera quoi que ce soit à cette situation. Ces derniers choisissent en général la formule des voyages organisés. Munis de glacières contenant des provisions (victuailles, boissons) et équipés de petites tentes, parasols et sièges pliants, ils entendent profiter au maximum d’une journée à la mer, faire bronzette et retourner le soir chez eux, sans trop dépenser, sauf, peut-être, pour les glaces. C’est un choix, et c’est leur droit.

Quant aux séjours prolongés de visiteurs nationaux ou étrangers, s’ils en existent encore aujourd’hui dans cette ville, pourtant réputée accueillante, le mérite revient à une poignée d’hommes véritables professionnels et amoureux de leur métier.

Nonobstant l’ouverture, ces derniers temps, d’un nouvel établissement imposant, Sabri en l’occurrence, situé sur la corniche, et disposant de tout le confort des grands palaces, le nombre des structures d’accueil dignes de ce nom reste, cependant, limité. Ce dernier vient ainsi rejoindre la dizaine d’établissements réputés, ayant déjà prouvé leur savoir-faire dans le domaine.

Parmi les anciens, il y a lieu de citer Imara Résidence, connu aussi sous le nom de Château Chancel. Petit par sa taille mais grand par sa renommée, il assure un accueil et un service honnêtes auxquels veille en permanence son gérant. D’une architecture de style colonial, ce lieu romantique dispose d’une quarantaine de chambres, d’un restaurant gastronomique pour fins gourmets, avec en prime une jolie piscine dans un cadre verdoyant. Il est situé sur la route du village touristique de Seraïdi, sur les hauteurs de la ville qu’il domine entièrement, comme il est à quelques centaines de mètres seulement de la plage Rizzi Amor, ex- Chapuis. Apprécié par une clientèle de nationaux et même d’étrangers ayant déjà séjourné dans cet ancien château, l’hôtel Imara résidence a l’avantage d’être en même temps en ville qu’en campagne ; jouxtant la forêt et pas loin de la plage. C’est l’endroit indiqué pour prendre un véritable repos, après une année de dur labeur.

Ces véritables professionnels du tourisme à Annaba ont pu sauvegarder, contre vents et marées, cette destination, autant que faire se peut, dans le répertoire des voyagistes. C’est dire qu’avec la ténacité dont ils font preuve et leur bon sens, ces gestionnaires ont pu sauvegarder et leurs affaires et les postes d’emploi qui font vivre des dizaines de familles. Ils savent que le secteur touristique en général, qu’il soit interne ou international, dépend dans une large mesure de la qualité des prestations (accueil et service irréprochables) qu’ils offrent pour intéresser et fidéliser une clientèle souvent exigeante.

Pour le faire, ils se sont investis corps et âme et avec amour dans leur métier, sans attendre les multiples promesses d’aide, restées souvent sans lendemain, dont ils devraient, en principe, bénéficier à titre d’encouragement pour leurs efforts dans la promotion et le développement du tourisme national. Cette aide aurait pu être accordée, au moins, à une partie de leur personnel dans le volet formation, à travers des stages de perfectionnement dans les écoles d’hôtellerie.

Hôteliers, restaurateurs, gérants de discothèques… Ils sont arrivés à maintenir le cap et à continuer à offrir des séjours satisfaisants à leur clientèle, malgré l’ostracisme qui a frappé certains d’entre eux, au tout début de la présente saison estivale, par une fermeture administrative, pour le moins anachronique.

L’Algérie, qui dispose de nombreux sites historiques et archéologiques, d’endroits féeriques balnéaires, sahariens ou climatiques, est en mesure de drainer des dizaines de milliers de touristes étrangers, et d’avoir sa part de cette manne internationale du secteur des services qu’est le tourisme, pour peu qu’il y ait une volonté politique encourageant les vrais professionnels activant dans ce créneau. Cela ne se fera qu’avec la mise en place d’une stratégie réfléchie et cohérente. Stratégie qui aura comme finalité d’élever le tourisme à un stade d’industrie florissante, pourvoyeuse de richesse et d’emplois, à l’exemple de ce qui se fait chez nos voisins de l’Est et de l’Ouest.

Mais cela nécessitera de prendre le taureau par les cornes et d’opter pour une véritable culture touristique, associant l’ensemble des intervenants dans le secteur, ainsi que les représentants de la société les plus actifs et les plus ouverts au modernisme, dont le rôle est d’agir sur les mentalités figées dans le passé et hermétiques à tout progrès. Cela requiert, certes, un travail de longue haleine mais qui, au bout, sera payant.

Enfin, comme principal et urgent objectif, la stratégie en question aura à mettre en place une politique hardie de prise en charge efficiente des problèmes que rencontrent les investisseurs dans le domaine, problèmes qui ont jusqu’à présent freiné le développement touristique dans le pays.

A.Bouacha [LE SOIR D'ALGERIE - 04-08-09]

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Les Commentaires

Avant de parler de professionnel de tourisme, il faut se demander si on à des touristes, car ceux qui ont envahit Annaba c'est des "Salistes" (Sales-touristes); allez faire un tour le long du littoral et vous allez constater la catastrophe, si on à un minimum de considération pour la nature. C'est le seul pays dans l'univers (s'il y à d'autres planètes habitées) où l'environnement et le tourisme sont chapeauté par le même ministère, C'EST INCOMPATIBLE.
Il existe en Europe un pavillon bleu, garant de la qualité de l'eau de baignade et de son evironnement. Les touristes issus du nord y sont très sensibles ainsi que de plus en plus de locaux. Preuve que la pédagogie enseignée est essentielle mais qui est un travail permanent. Bon courage.
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