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Annaba. Le complexe d’El-Hadjar paralysé

Publié le 04/03/2007

La tension est montée de plusieurs crans hier au complexe d’El-Hadjar avec des centaines d’ex-travailleurs de Sider, près de 1.500 selon certains, qui ont pris d’assaut dès huit heures le poste principal du côté de Sidi Amar, en empêchant tout mouvement de matériel roulant.

 En effet, ni bus, ni semi-remorques, ni autres véhicules ne pouvaient entrer ou sortir du complexe obligeant les uns et les autres parmi les travailleurs du complexe sidérurgique, dont le capital est détenu à hauteur de 70% par Mittal Steel et 30% par la partie algérienne, à entreprendre de longs détours pour rallier leurs postes de travail.

 Quelque temps après, d’ex-travailleurs venus de plusieurs wilayas de l’Est du pays se sont scindés en plusieurs groupes en brandissant des banderoles sur lesquels on pouvait lire «Non à la marginalisation», «Donnez-nous la priorité pour le travail». Ils sont allés bloquer les autres accès de l’usine comme le poste commercial du côté d’El-Hadjar non loin de la RN 16, et celui des grands bureaux notamment. Au même moment, ils apprennent une triste nouvelle. Un des leurs a été fauché par une voiture. Originaire de Boukkamouz dans la wilaya de Guelma, il a été percuté par un véhicule vers 11h, au niveau de l’intersection de Sidi Amar. Il a rendu l’âme au niveau des urgences de l’hôpital Ibn Rochd.

 Nos interlocuteurs nous racontent leurs déboires depuis le fameux départ volontaire en 1997 qui a vu presque six mille travailleurs partir du complexe. Hamid résidant à Dréan dira qu’il a quitté l’usine avec 32 millions de centimes, après dix-huit ans de service. Il a acheté une machine de torréfaction de café. Il déclara faillite après un année de travail et il lui reste encore deux ans pour commencer à prétendre à une maigre retraite de 6.000 à 8.000 DA. Un autre de Annaba ajoutera que d’autres se sont suicidés, ou carrément ne donnent plus de nouvelles. Rares sont ceux qui ont pu sortir la tête de l’eau en se débrouillant un emploi ou un commerce qui leur assure un minimum pour survivre. Quant aux autres qui ont opté pour le transport comme les fourgons ou les taxis, ils se sont tous cassé les dents. Dans l’après-midi, vers 17h00, du côté du poste commercial alors que des véhicules de la gendarmerie étaient en stationnement, des chaînes interminables de semi-remorques à l’intérieur de l’usine chargés de bobines de ferraille attendaient de quitter les lieux. Et à l’extérieur, c’était le même spectacle avec des camions vides attendant d’accéder au complexe et des dizaines de bus destinés au transport des travailleurs. Selon un des représentants des ex-travailleurs, ils ont refusé de parler à des syndicalistes du complexe et veulent s’adresser aux véritables responsables. Quant à leur mouvement qui a déjà occasionné, outre les désagréments, d’importantes pertes financières, ils comptent le poursuivre jusqu’à l’ouverture des négociations. Un incident a été enregistré vers 14h00, quand deux personnes voulaient «casser le mouvement». Ils ont été pris à partie par un groupe de protestataires.

 Par ailleurs, plus de 800 personnes ont signé une pétition demandant aux autorités locales l’ouverture d’une enquête au sujet des fonds du comité de participation. La pétition sera déposée au niveau du bureau du procureur de la République, nous a-t-on fait savoir hier à l’entrée du complexe d’El-Hadjar.


Le quotidien d'Oran > 04/03/07 > A. O. / H. K. / T. Z.


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