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Annaba : Patrimoine musical algérien - le chaâbi… et ses jalons

Publié le 27/07/2013
« Une œuvre ne peut avoir de valeur que dans la mesure où  elle puise sa source dans le pays auquel elle appartient, où elle nous introduit dans un monde qui est  le nôtre, avec ses complexités  et ses déchirements ». Mohamed Dib 1) La musique algérienne : traces et empreintes  Le festival de la musique citadine, qui se déroule cette année à Annaba, est un retour à nos sources, légendes, au passé glorieux et à nos valeurs morales et spirituelles. Le  Maghreb a toujours vibré par ses mélodies, sa littérature orale et sa poésie populaire. Jean Amrouche affirmait dans cette optique, pour expliquer cette «histographie» de la musique «la femme qui berce son enfant chante, celle qui à longueur de journée tourne la meule chante. Dans les cafés, aux champs, les hommes chantent. Les naissances, les événements de la vie champêtre et pastorale sont célébrés par des chansons et des danses» La musique algérienne traduit, en effet la psychologie d’une communauté et fait appel à tout un héritage culturel. Elle tire toute sa saveur à partir de toutes les traditions héritées ou véhiculées. La chanson algérienne sait parler au peuple. Le chanteur  devient le chantre de la vie quotidienne car il  traduit la réalité notre vécu social, et le désir d’une patrie jalouse de garder son authenticité et son originalité. LA musique algérienne, millénaire, diverse est riche par la magie du verbe, et les belles paroles étaient un moyen de résistance aussi, contre le colonialisme, qui voulait «figer la culture nationale» comme le disait M. Lacheraf. 2) Annaba ville historique et artistique  Kateb disait de Annaba «qu’elle est le parfum du jujubier et la rencontre de la Seybouse et de la Méditerranée» Lalla bouna est en effet, la cite antique chère à St. Augustin, auteur de la «Cité des Dieux» et de Cheikh El Bouni, Annaba jette  une note solennelle dans un panorama fabuleux, entourée de Seraidi, de Chetaibi …pas loin d’El Kala et de la Tunisie. C’est un voyage vers le merveilleux  et le sensationnel  avec son théâtre, ses mosquées et les zaouïas où l’on enseignait toutes les disciplines. Les confréries avec les Aissaoua remuent les moissons de notre mémoire et constituent des marques et des repères, un héritage florissant, avec encore les sites merveilleux, Sidi Brahim, Sidi Harb, Ras El Hamra…  Tout un rappel de souvenirs… C’est dans cette «Medinat Al Unnab» qu’ont vécu les interprètes prodiges et émérites du malouf… Mohamed Ould Kourd, Cheikh El Ferjiou, Bouhara, Belkhammar, Triki, Snani, Beloucif, Chaker, Mohamed Benani, Abdelaziz Mimoun… Et Cheikh Hassan El Annabi, ce maître qui a formé les talents actuels de cette musique arabo-andalouse. Le malouf rayonnait à l’époque sur les places publiques, dans les mariages, les bains maures et avec tous les orchestres qui se déplaçaient. Le piano de Mohamed ould kourd régnait dans cet espace fait de plénitude et d’instant d’éternité. Des associations encourageaient  cette sphère des valeurs : c’est Cheikh El Djnaydi, Ali Bourezouane, Mustapha Belkhammar M. Laazees, Belloucif, M. Berrezag, Triki …tout un monde artistique avec sans oublier les milieux où se déroulait  toute cette joie musicale de l’époque…les cafés Sidi Khalif, Belaid, les Palmiers… C’est une durée accomplie par la zorna, le bendir…  Djamel chebini. Moments de bonheur avec l’orchestre musical féminin : les fqirat et comme genre toute une terminologie vivante la «raysa» chef d’orchestre et la» massadnna» avec comme genre : le Gharb, le rakh , la quadria, le siftah, et le tadriz. 3) Annaba et la musique populaire : Le châabi  Parler de la musique chaâbi, c’est revenir à un passé glorieux à une école et à une culture. C’est d’abord Meknès et Fès au Maghreb, avec Sidi Lakhdar Benkhlouf, ce grand poète et patriote auteur de deux célèbres kacida «Cherchel» et «Mazagran» mais aussi Kaddour El Alaoui, et Al Masmoudi puis à Alger plus tard avec les «F’narjia» et ses icônes, Hadj M’rizek, Cheikh Nador, Si Said Larbi et cheikh Sidi Oulid Lakhehal .Le chaâbi c’est aussi une dimension spatio-temporelle avec le café «Malkoff» et cette volonté, et conduite des hommes, «la Meknessia», qui est un attachement aux valeurs morales au respect de l’humain depuis la rue Sidi Abderrahmane, jusqu’à nos jours. Hadj M’rizek, El Hadj M’Hammed El Anka… Boudjemâa El Ankis.  Parler du Châabi à Annaba, c’est parler des traces et empreintes d’un passé glorieux, c’est revenir aux sources où cette cité resplendissait par cette musique populaire ; s’inscrivant dans le paysage artistique local : Le châabi était la «Meknassia», les quasaids et le midh qui lui donnaient sa particularité originelle, c’est la «route des hommes», une voix qui allège notre état d’âme et notre souffrance quotidienne. Il répond, pour reprendre J. Cocteau, à notre «difficulté d’être», à notre désir et savoir de vivre. Kerfès Aziz s’en rappelle: «C’était une durée, un temps inoubliable. On jouait dans les maisons, les quartiers populaires de la ville, dans les cafés de la Place d’Armes comme le café Berramdane à la rue Gambetta. Le châabi nous rassemblait. Il était attractif étant un héritage de toute une communauté jalouse de garder ses traditions. Le châabi est un état d’esprit, un repère. On est né et grandi avec», En effet quel plaisir était d’entendre Cheikh Larbi, ce chef d’orchestre fabuleux avec sa chanson» El Kaoui» ou celle-ci sublime : «USMB damou arbi» à l’époque du colonisateur, reprise, dans les stades avec les danses qui nous rappellent ce supporteur fervent, le regretté Djarmouni. «Le temps a suspendu son vol», disait le poète. Qui n’a pas apprécié jadis, M. Djemili aussi fécond et interprète prestigieux  de ce répertoire ancestral. On gardera toujours, avec délectation cette clarté et l’expression verbale du rythme de sa mélodie : «Notlob rabi ya’fou alya». C’était le châabi, on voulait être digne, on revenait à la volonté divine. Cela nous rappelle aussi le talentueux et inoubliable Ali Mabrouk  avec «Les larmes qui coulent», et le chaleureux et communicatif, Brahim Bey qui chantait pour Annaba, et l’équipe locale sous la conduite du regretté El Hadj Boufermès. Il disait dans une de ces belles chansons: qu’il se sentait dans l’exil loin de Annaba. Bey Brahim chante toujours la vie. Poète, il revient toujours à l’essentiel : les notions du beau, du noble et du certain. Il est toujours applaudi de nos jours, par son public qui lui souhaite un bon rétablissement.  Bey, c’est la rencontre de tout le châabi : El Anka, Ezzahi, Guerouabi, El Harrachi, H’ssen Said….Sa voix est chaude et entraînante, on peut citer tous les autres intercesseurs du châabi avec cet espoir de ne pas oublier d’autres : la liste est longue et montre cet engouement pour cette musique populaire : Cheikh Abdesselem, Cheikh Errawi, Bey Hocine, Ahcène Zidi, Yahyaoui Bachir. Lakhdar Rachidi, Cheikh Civil, Cheikh Eloueness, Cheikh Bachir, Khrof, Salah Farou, Sakraoui Mohamed, Cheikh Briki, Hama Ayari, Kerfès Aziz, Krikra, Bouatit, A. Garfi, Amamra et Nordine, Baba Aïssa… Malya Saadi, chanteuse et fille de H’ssicen affirmait : «le châabi, c’est mon identité et ma destinée. C’est comme un nom de famille, c’est lui qui me sauve et me montre le chemin de la vie lorsque je suis pendue. Quand je me sens déstabilisée et que je perds pied, la musique châabi me ramène à l’essentiel, aux sources et à la réalité». Le châabi est une force, un chemin de conduite. Il illumine notre route quand on est dans l’obscurité et les chemins escarpés. Il est aussi musique, cette «valeur-refuge» qui reflète nos mœurs et coutumes, nos valeurs morales et spirituelles. Il faut le sauvegarder comme le Malouf. Saint-Exupéry disait: Une société se construit dans le cœur de l’homme». Dans ce sens nous devons  encourager  tous les artistes, en leur offrant toutes les conditions possibles: statut, reconnaissance, protection car en effet, ils sont les gardiens vigilants de notre culture… et civilisation.

L'EST - 27/07/2013 -
Kennouche Kamel

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Les Commentaires

Merci ya si Kamel, pour ce petit brin de nostalgie, qui nous rappel la dolce vita d'antan, le respect des anciens "el-houma wa el-gadr" les soirées de chansons et danses inoubliable de malouf...(ftayma taybi le ftour, ftayma taybi làacha lala...lalala) autrefois avec Hacène el-Annabi, Mohamed Tahar Fergani...allaoua el-far lors des mariages, foires dans le jardin de la colonne, dans les salles de cinéma le régent, la place d'armes...café a chaouch ou des simples soirées dans les ruelles de nos quartiers de la vieille ville avec ouleds el-haouma bien souvent une guitare, mandoline avec une derbouka suffisaient pour mettre ambiance et joie jusqu'au lever du jour...pendant les soirées de ramdan, mouloud et autre fêtes et chants religieux également dans les mosquées, écoles coranique, zaouiya avec les danses aux sabres des aïssaouiya...que souvenirs et moments de bonheur grand merci de nous l'avoir rappeler.
(rire) c'est le moment attendu de préparée bourma t'àa jari et les bonne briks...saha ftourkoum a tous.
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