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Annaba: Pour que nul n’oublie - Djendi Ali Ben Chérif, ce héros fusillé en plein stade de Ben M’hidi

Publié le 31/10/2013
Les campagnes algériennes ont enfanté de véritables héros qui ont semé l’effroi parmi les colons pieds noirs et leur armée de parachutistes, légion étrangère, harka, et autres traitres à la nation qu’on retrouvait égorgés dans les fossés côtoyant les routes et chemins de notre Algérie profonde. Ces moudjahidine de la première heure étaient pour la plupart analphabètes mais portaient en eux ce nationalisme intime qui n’existe presque plus aujourd’hui. Ils en étaient tellement imprégnés qu’ils firent le sacrifice de leurs vies afin de voir ce drapeau vert et blanc frappé d’un croissant rouge flotter dans le ciel de ce pays qu’ils aimèrent tant. Des rues, des boulevards, des villages et des villes portent leurs noms pour qu’on ne les oublie pas. Djendi Ali ben Chérif est né présumé en 1923 à Ouled Dhieb, commune de Berrihane, mais il a grandi dans l’ancien Camp des Anglais où, arrivé à maturité il épouse une dame El Hadja Sacia qui lui donne trois enfants, Boukhatem âgé maintenant de 60 ans, Bachir patriote mort accidentellement et Saïd disparu par accident, écrasé par un camion. En Janvier 1955, répondant à l’appel au Djihad il rejoint les rangs de la prestigieuse Armée de Libération Nationale au Djebel Edough où il apprend le maniement des premières armes de chasse et de guerre. Quelques temps plus tard, il est muté aux Aurès où il perfectionne son apprentissage puis ce sera le retour dans sa région natale chargé par l’Etat Major de la Base de l’Est de former un groupe de choc de Fidayins qui sèmera la terreur dans la partie Est de la Plaine de Annaba. Des traîtres sont passés au fil du couteau par l’égorgeur du groupe Slama Merzouk, lequel avec Abassi, Djenane Lemjed (ancien colonel de l’ANP) Bouhafs Mohamed surnommé Chaiebrassou, Boubir Khaled dont l’hôpital de Ben M’hidi porte le nom, le chahid Boukhbiza Boumendjel, formaient le commando dirigé par Djendi Ali. Il instaura un régime de cotisations pour aider la Révolution au sein des colons eux-mêmes et ceux qui refusaient, le payaient de leur vie. Bayard, un propriétaire terrien de Sidi Embarek l’a appris à ses dépens, il a été abattu au moment où il payait ses « khamassas » arabes pour ne pas avoir accepté de verser la dime imposée par les révolutionnaires. Son corps fut transporté à bord de son propre véhicule, une 2 chevaux et balancé dans un étang appelé « Garaâ El Beida » du côté d ‘El Battah. Toto, Georges et Perrain acceptèrent et eurent la vie sauve évitant que leurs fermes ne soient incendiées. Les embuscades se succédaient, les militaires français redoutaient de passer par les lieux où étaient signalés ces valeureux combattants. Mais des traîtres ayant appris qu’ils devaient dîner au douar Sidi Gacem chez un militant de la cause, les signalèrent à l’armée française qui s’est empressée d’entamer un mouvement d’encerclement du lieu où ils se trouvaient. Ils réussirent à s’enfuir et se regroupèrent sur les premiers contreforts de Djebel Lenieb du côté de Sidi Kassi dans la commune de Ben M’hidi . Poursuivis par l’ennemi, un accrochage s’en était suivi de l’aube jusqu’à presque 14 heures. Les soldats français durent faire appel à des renforts ainsi qu’à l’aviation composé de chasseurs « Morane » appelés « Tiara Essefra » et de bombardiers B.26. Le combat devenant inégal, plusieurs moudjahidine tombèrent ce jour là au champ d’honneur, quant à Djendi Ali il fut fait prisonnier et transporté à bord d’un hélicoptère à un endroit appelé « la cave » qui servait de cantonnement aux militaires français. Balancé au milieu d’une citerne il y passa la nuit en compagnie d’autres prisonniers algériens. Le lendemain matin il est transféré dans une caserne de parachutistes à Ben M’hidi. S’ensuivit alors des séances photos, puis l’affichage de son portrait dans les rues du village et enfin l’exhibition au peuple rassemblé de force pour leur montrer que Ali Ben Chérif a bien été capturé. Le mercredi matin, quarante huit heures après sa capture, jour du souk hebdomadaire, il est emmené au stade actuel de Ben M’hidi pour y être abattu devant la fille du colon Bayard qui refusa de donner son pardon et le petit peuple rassemblé pour l’occasion. Une dame Zohra Belloucif crache sur le visage de la fille du colon et lance un « youyou »strident qui fait trembler l’assistance. Ainsi finissent les héros, mais l’Algérie n’a pas oublié le sacrifice de Djendi Ali puisque des écoles, des quartiers et des établissements publics portent son nom à leurs frontons, que cela soit à Ben M’hidi, Zerizer ou Echatt. Gloire éternelle à nos valeureux chouhada et que Dieu les accueille en son Vaste Paradis.

 L'EST - 31/10/2013 - Ahmed Chabi

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