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Souk Ahras - L'olivier de Saint Augustin

16/08/2006 - Lu 3948 fois
L'arbre archéologique

L'olivier de Saint Augustin, l’un des sites les plus prisés par les agences touristiques européennes, connaît depuis quelques années, embellie sécuritaire aidant, une forte affluence à cause de l'érudit, théologien et philosophe dont il porte le nom et du lieu de son implantation qu’une majorité d'historiens et explorateurs de l’époque coloniale désigna comme partie émergente de l'antique Thagaste.

En 1850, Bergugger dans son itinéraire archéologique limitait le plus important des ruines de la cité ensevelie entre l’actuelle cité de Diar Ezzara et une partie de l’ex-Faubourg St Charles, dont le mamelon sur lequel se trouve actuellement l’olivier séculaire dit lieu de méditation de l’auteur des célébrissimes Confessions. Cette thèse fut consolidée par les fouilles dirigées par le docteur Rouquette, explorateur, médecin-major à l’hôpital militaire de Souk Ahras et auteur de plusieurs recherches sur l’histoire antérieure à la colonisation.

En 1903, furent découvertes sous les décombres de quelques constructions antiques les thermes publiques de Thagaste avec leurs différentes pièces, des lampes en argile, la partie supérieure d’une stèle, un lampadaire en bronze avec un piédestal pesant 3 kg ainsi que les ruines d’une villa découvertes non loin de l’actuel hôpital régional. C’est dire toute l’importance du site où l’olivier séculaire témoin de l’existence d’une ville antique que son emplacement entre Carthage, Hippone et Cirta, ses sources d’eau et ses vergers, érigèrent en pôle incontournable et firent d’elle un lieu de rencontres pour les architectes, les artisans les plus réputés et les disciples du célèbre évêque qui révolutionna le monde par sa pensée universelle. D’intenses travaux ont été engagés depuis une année pour la réhabilitation du site et l’aménagement d’un lieu d’escale pour les touristes européens qui s’y rendent avec une moyenne de 500 visiteurs chaque année en provenance de Tunisie où encadrés par des agences algériennes de tourisme.

L’absence des structures d’accueil est cependant perçue comme une véritable entrave pour l’épanouissement du secteur à Souk Ahras. Pour ce faire, l’actuel siège de l’APC, situé non loin de l’olivier, sera officiellement transformé en hôtel étatique pouvant assurer l’accueil des visiteurs étrangers souvent orientés à cause de l’état lamentable des hôtels de Souk Ahras vers des wilayas limitrophes sinon vers la Tunisie.

Conscient du problème, le directeur du tourisme, Saïd Titah, nous a déclaré à maintes reprises qu’ « il est grand temps pour que le secteur sorte de sa torpeur. Le tourisme avec ses différentes variantes est plus que prometteur pécuniairement parlant à cause des atouts naturels existants à Souk Ahras ». Des réunions de concertation et de sensibilisation, organisées par le même responsable avec les promoteurs locaux, ont été sanctionnées par l’approbation de plusieurs projets d’investissement dans le domaine et l’ouverture imminente d’au moins deux hôtels classés au chef-lieu de la wilaya.

Partant du même principe, notamment après la nette amélioration qu’a connue l’état des routes, le wali de Souk Ahras a annoncé lors de la toute dernière conférence de presse la disposition des autorités et leur volonté de préserver les sites historiques existants à travers la wilaya, désignant notamment l’olivier de saint Augustin. Une opération d’embellissement de la zone entourant le site est déjà en cours. Est prévu également pour le même but le transfert du marché situé au piémont vers un autre lieu aménagé et la démolition des baraques de fortune et commerces illicites de Aïn Ezzerga. Ce n’est que justice rendue à l’illustre enfant de Thagaste.

A. Djafri [ EL WATAN - 16-08-2006 ]