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Annaba. Fertial : Le directeur général José Maria Estruch limogé

27/09/2009 - Lu 4671 fois
Tout au long de ses quatre années d’exercice à Fertial, ce responsable n’a jamais rien dit sur le chiffre d’affaires réalisé par son entreprise depuis sa prise en main des deux plateformes pétrochimiques Fertial Annaba et Arzew.

José Maria Estruch, le directeur général de la société algéro-espagnole Fertial Annaba vient d’être démis de ses fonctions par Juan Miguel Villar Mir le PDG du groupe espagnol Villar Mir. La décision a été prise le 4 septembre 2009 dans la plus totale discrétion. Même les travailleurs du complexe pétrochimique ne savent toujours pas qu’ils ont un nouveau patron en l’occurrence Jorge Réquena Lavergne qui occupait un poste de responsabilité dans un tout autre secteur en Turquie ; un nouveau recrutement, indiquent des sources sûres. Dans moins d’une semaine, aura lieu une réunion entre le conseil d’administration et le nouveau directeur général, ont précisé les mêmes sources. Installé le 4 août 2005 à la direction générale de Fertial, la plus rentable filiale de l’ex-groupe Asmidal et dont 66% des actifs avait été cédés à la même date au profit de la société Feriberia du groupe ibèr Villar Mir, J. M. Estruch avait pour mission le développement de la filière engrais phosphatés/azotés/ammoniac, la raison de l’implantation de son groupe après une démarche de prospection engagée en 1996 tout en s’intéressant particulièrement à Asmidal.

Ce n’est qu’en 2001, à la suite d’un appel d’offres pour l’ouverture du capital de cette entreprise qu’il avait entamé des négociations qui ont duré trois années avant d’aboutir. Villar Mir était motivé par les atouts dont dispose l’Algérie pour la production des engrais avec la disponibilité de matières premières comme l’azote, le phosphate, la potasse et le gaz. « C’est l’aboutissement d’actions réfléchies engagées par le groupe et non une création ex nihilo. L’Algérie est le pays du Maghreb où l’utilisation des engrais est très insignifiante. Sa consommation est de loin inférieure à celle de ses voisins de l’Est et de l’Ouest. Elle est excessivement faible comparativement à l’Europe. C’est sur cet aspect que nous avons bâti notre stratégie de production et de commercialisation étalée jusqu’à 2015 », nous avait déclaré José Maria Estruch au lendemain de son installation. Néanmoins, tout au long de ses quatre années d’exercice à Fertial, ce responsable n’a jamais rien dit sur le chiffre d’affaires réalisé par son entreprise depuis sa prise en main des deux plateformes pétrochimiques Fertial Annaba et Arzew.

Manquement à certains engagements
Rien également sur l’amélioration ou non des niveaux de production ni sur les investissements réalisés conformément aux engagements pris dans le cadre du pacte d’actionnaires signé en 2005 entre Villar Mir et la société Holding Asmidal qui détient 34% du capital de Fertial. En effet, lors du rachat puis la fusion des deux filiales phares de l’ex-groupe Asmidal qui faisaient la notoriété de l’Algérie sur le marché mondial des fertilisants, à savoir Alzofert Arzew et Fertial Annaba, le partenaire espagnol s’était engagé dans une prise de participation par l’augmentation du capital à hauteur de 160 millions de dollars. Il s’était également engagé à injecter 167,5 millions de dollars au titre de nouveaux investissements devant s’étaler sur une période de trois années. La construction d’une nouvelle unité de production d’ammoniac d’une capacité de 1 100 000 tonnes pour 460 millions de dollars était l’autre engagement qu’avait fait le partenaire espagnol et auquel s’ajoute celui de prendre en charge les dettes des deux filiales à hauteur de 200 millions de dollars. En tout, les engagements financiers de Villar Mir s’élevaient à près d’un milliard de dollars.

Pour ce qui est des prises de participation au capital social de Fertial, M. Djebbar, un économiste de l’université de Annaba et ancien membre du conseil d’administration de l’ex-groupe Asmidal qualifie l’opération de véritable aubaine pour le partenaire espagnol lorsqu’il affirme : « En plus du problème se rapportant à une provision, des prix plus qu’insignifiants du gaz, Villar Mir a judicieusement profité des dispositions du code de commerce régissant la constitution des sociétés par actions notamment en matière de libération des apports en numéraire où il est stipulé que le nouvel actionnaire a la possibilité de libérer les apports par tranche de 25% et que le capital en numéraire doit être entièrement libéré dans un délai ne dépassant pas les cinq ans. Le partenaire espagnol avait profité de cette aubaine en procédant à la libération du ¼ soit 40 millions de dollars sur les 160 millions prévus. Un engagement financier qui lui avait suffi pour s’assurer le contrôle des actifs des deux filiales Fertial Annaba et Alzofert Arzew propriétés du groupe Asmidal.

Les conclusions sont faciles à tirer à propos de la libération du numéraire restant. Même à 250 dollars actuels la tonne d’ammoniac, Villar Mir est gagnant. D’autant que les prix à la tonne avaient atteint les 900 dollars. En cédant, Fertial avait opté pour le principe gagnant-gagnant. Or, la situation actuelle semble être toute autre pour l’ex-groupe Asmidal. » En août 2005, ce dernier qui alliait les capacités d’une véritable organisation (1 million de tonnes d’ammoniac, 825 000 t de nitrate d’ammonium, 240 000 t d’UAN, 800 000 t d’engrais phosphatés et 40 000 t de STPP), a été réduit à une entité rentière. La société Holding Asmidal se limite actuellement à engranger des dividendes sans pour autant participer à une quelconque prise de décision. Chose qui lui était aisément permise au sein des puissantes International Fertilizer Industry Association (IFA) et Arab Fertilizer Association (AFA) où elle était un membre très influent. Et ce sont, son chiffre d’affaires de plus de 130 millions de dollars qu’elle réalisait annuellement, ses 3e et 7e places d’alors sur les marchés arabe et mondial de l’ammoniac et autres intrants fertilisants qui plaidaient tout le temps en sa faveur.

Aussi, nos sources considèrent que la sensible réduction des effectifs mise en œuvre depuis 2006 est assurément l’un des indicateurs du manquement aux engagements par le partenaire espagnol. Et pour cause, dans le chapitre « employés » inclus dans chacun des 3 contrats alors signés conjointement par le PDG du groupe Asmidal et son homologue J.M.Villar Mir, il était clairement stipulé que « jusqu’au dixième anniversaire de la date des présentes, Grupo Vilar Mir s’engage à ce que la société préserve le niveau général d’emploi existant à la date des présentes, sous réserve que la société ne sera pas tenue de recruter des remplaçants pour les employés décédés ou qui auront quitté leur emploi du fait de départ à la retraite, démission ou licenciement disciplinaire en conformité avec le droit algérien du travail ». Or, de 1300 en poste au moment du rachat de Fertial, le nombre de travailleurs est actuellement passé à 847.

N. Benouaret [EL WATAN - 27-09-09]
Auteur : Lady Dewy infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur