
Ils sont de plus en plus nombreux à investir les rues du chef lieu, les femmes et les enfants maliens qui vivent de mendicité. Les hommes, eux cherchent du travail en particulier dans le bâtiment comme manœuvres, quand ils ont la chance d’être recrutés pour un salaire très dérisoire. La majorité d’entre eux dorment dans les bouges de la Vieille ville, dans les caves, les entrées, avec leurs congénères, des jeunes qui sont entrés de façon légale, des étudiants pour la plupart. Pourtant, d’après des sources policières, ces familles ne font que transiter par notre ville, et vivent en quelque sorte comme des nomades. « Ils se déplacent de wilaya en wilaya, et ne restent pas longtemps en place, tandis que d’autres viennent prendre leur place ». Fuyant les affres de la guerre, ils ont remonté le pays, traversant le Sahara dans toute sa longueur pour tenter de survivre dans les villes du nord du pays, comme Annaba. Mais qu’en est- il de leur situation sanitaire ? Selon nos sources, ils passent obligatoirement des visites médicales et sont vaccinés au moment de passer la frontière, mais pour ceux qui traversent frauduleusement ? Toutes ces familles sont-elles enregistrées ? Quel suivi va-t-on leur réserver, alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à s’installer à Annaba et, partant dans toutes les wilayas du pays ? Un dossier « sensible », au vu de l’impossibilité d’obtenir la moindre information auprès des autorités concernées, malgré de nombreuses démarches. Pourtant, pour le moment, il semble que ces familles soient livrées à elles-mêmes, et qu’aucune décision n’ait encore été prise en ce qui les concerne. A Alger, d’après nos informations, ils sont été regroupés dans des camps de toile, où ils peuvent bénéficier de l’aide de la population. Mais à Annaba, où le problème du logement est déjà très crucial pour les autochtones, quelle attitude va prendre la wilaya si l’exode continue ? Et surtout, quelle couverture sanitaire va-t-elle assurer à ces personnes qui devraient au moins bénéficier d’une visité médicale et de traitement pour ceux d’entre eux qui sont malades, sans parler de leur recensement, même s’ils vivent en « nomades ». Il est évident que la décision viendra « d’en haut », mais en attendant, quelle attitude prendre, quand on sait qu’il y a parmi ces immigrés beaucoup de jeunes femmes et d’enfants en bas âge, et que tous doivent mendier pour manger, et qu’ils sont livrés à eux-mêmes ? Pour le moment, rien ne transpire du côté de la wilaya, pas même le nombre approximatif de ces immigrés, mais vu leur nombre grandissant et le fait qu’ils investissent littéralement les rues du chef-lieu, assis par terre, au point où on ne voit plus « nos mendiants », on est en droit de se poser des questions.
lestrepublicain - 02 juillet 2014 - Farida H.
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