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Annaba: Une jeune femme décède victime du charlatanisme

Publié le 03/01/2015
Une jeune femme décède victime du charlatanisme En se rendant chez  un guérisseur de la wilaya, B.L., 49 ans, secrétaire dans un service social à Sidi Ammar, habitant Ain Berda et  qui souffrait d’arthrose au niveau des articulations des bras, ne savait pas qu’elle avait signé son arrêt de mort. La jeune femme avait  pourtant mis toute sa confiance dans ce guérisseur, après un long traitement chez les spécialistes, et qui n’avait donné aucun résultat. Un guérisseur très connu qui pratique aussi bien la « rokia » que la médecine par les plantes, une médecine traditionnelle à laquelle beaucoup de gens ont recours, soit par indigence devant le coût élevé des soins médicaux ou, comme B.L., après plusieurs traitements infructueux. A la première visite, la jeune femme  se vit donner  un  diagnostic des plus inquiétants : on l’avait envoutée, et cela se répercutait sur ses articulations, sous forme de douleurs intenses.
Le guérisseur lui prescrit une « ordonnance » constituée de plusieurs huiles essentielles, parmi lesquels le « harmel », d’après les informations fournies par un parent de celle qui allait bientôt mourir dans d’affreuses douleurs. En effet, le « harmel » connu sous le nom de « peganum harmala » de la famille des zygophyllacea, est une plante qui pousse entre autres endroits, dans les Hauts-Plateaux algériens. C’est une plante toxique  en fonction du taux d’alcaloïdes contenus dans la graine, et qui s’élève brusquement en été, lors de la phase de murissement du fruit, au moment de la récolte.  B.L.  ramène donc les huiles prescrites qu’elle a achetées  dans une des boutiques  qui font la promotion de la médicine traditionnelle,  de plus en plus nombreuses dans la wilaya. Le guérisseur lui prépare  la potion miracle, censée l’arracher à l’envoutement dont elle est l’objet et  la délivrer des douleurs articulaires qui l’empêchent de dormir. Le soir,  avant de se coucher,  elle prend une  petite cuillerée de la potion comme le lui avait prescrit le guérisseur. Mais au bout d’un moment, elle commence à ressentir des troubles de plus en plus forts : des nausées  violentes suivies de vomissements, des  tremblements de tous ses membres.
Le lendemain, la jeune femme se rendra de bon matin chez le guérisseur qui va la rassurer, en lui faisant lui-même des massages avec la potion  sur les bras ce qui vont lui occasionner de fortes douleurs, mais le charlatan lui assurera que c’est « l’envoutement qui est en train de sortir de son corps ». La malheureuse retourne chez elle,  mais les douleurs deviennent de plus en plus vives. De plus, à la grande inquiétude de sa famille, elle a des hallucinations, et des convulsions.  De grosses pustules apparaissent sur ses bras, avant d’éclater pour  laisser place à des taches bleuâtres sur toute la surface de ses bras « traitée » par le guérisseur. Immédiatement, la famille la transportera  au  service de réanimation du CHU  Ibn Sina où des tests et des analyses lui seront faits, sans que les médecins ne décèlent une quelconque anomalie dans la fonction des organes vitaux. La seule explication, pour les spécialistes, la patiente est victime d’un empoisonnement.
Elle est hospitalisée et deux jours plus tard, tombe dans le coma, victime d’une grave hypotension que les médecins s’évertueront à corriger. Ajoutons que,  selon la fiche technique du « harmel », on relève que « les intoxications sont essentiellement dues au surdosage, et sont caractérisées par des troubles digestifs, cardiaques et neurologiques ». Après trois jours d’hospitalisation,  au cours desquels ses bras ont enflé et sa peau s’est entièrement recouverte de plaques bleues, la malheureuse rend son dernier soupir, sans se réveiller, laissant sa famille dans la  stupéfaction et la douleur. Cette dernière va aussitôt déposer une plainte contre « x », et une enquête est ouverte par la gendarmerie de Sidi Ammar, sur commission rogatoire du parquet.
Au cours de cette année 2014, la gendarmerie aurait été confrontée à deux affaires similaires où des jeunes femmes  apparemment en bonne santé sont décédées de façon tout à fait inexplicables. Ont-elles été elles aussi les victimes d’un de ces guérisseurs qui se lancent dans la médecine traditionnelle par les plantes, sans savoir que la phytothérapie ne peut être exercée que par des médecins agréés ? Ces derniers connaissent parfaitement  la composition chimique  et les effets de chaque plante, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui chez ces guérisseurs. C’est ainsi, B. L.  une des victimes de l’obscurantisme, a perdu sa vie à la fleur de l’âge, laissant derrière elle une famille inconsolable. Elle a été enterrée  il y a quatre jours.

lestrepublicain - 31 décembre 2014 - Farida H.

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