
Dans un appel solennel à tous les mandataires et détaillants nationaux en fruits et légumes, le 2ème vice-président de la Commission Nationale des Mandataires d’Algérie (filière Boulanouar), M. Ouki Mohamed Salah, au cours d’une conférence de presse réduite, tenue dans son bureau, hier matin, a incité ces derniers à réduire à 5 % leur marge bénéficiaire sur les légumes de première nécessité, à savoir la pomme de terre et l’oignon. Une initiative pour contrer « la cupidité de tous ces prédateurs qui évoluent dans le cercle juteux des marchés de gros à travers le territoire » et qui, si elle était suivie, ménagerait un tant soit peu le pouvoir d’achat du consommateur le plus démuni, dont l’alimentation de base repose sur ces légumes, et qui ne sait plus vers qui se tourner face à une flambée exceptionnelle des prix amorcée depuis plusieurs mois, avec un pic amorcé depuis janvier. Dans un tour d’horizon sur la situation actuelle du commerce de gros jugée « des plus inquiétante à tous les niveaux, » M.Ouki devait dénoncer le monopole pesant sur le marché, détenu par certains spéculateurs « qui n’ont rien à voir avec le commerce sain et concurrentiel qui devrait réguler cette activité stratégique » et qui possèdent beaucoup d’argent leur permettant d’acheter les légumes en cours de floraison dans les champs, de décider à leur gré du moment de la cueillette afin de profiter le plus possible des pénuries, et de stocker les produits quand ils sont assez disponibles sur le marché, en attendant leur rareté, pour faire grimper les prix. « Une véritable mafia qui agit au niveau national », réduisant à néant toutes les velléités de stabilisation engagées ça et là par les pouvoirs publics. « Ces spéculateurs ne paient pas d’impôts, sucent le sang des consommateurs, et font une concurrence déloyale aux mandataires honnêtes ». « Nous avons des propositions, il suffit de nous écouter. Nous lançons des appels pressants aux autorités concernées pour prendre en considération le fait que le commerce de gros des fruits et légumes est en train de tourner dans un cercle fermé qui favorise tous les dépassements au détriment des plus démunis des consommateurs. Nous agissons en tant que commerçants soucieux de revenir aux pratiques d’antan, basées sur le contentement, le souci d’équité entre tous les acteurs honnêtes de cette noble activité, et pour permettre à tous de consommer les produits de la terre. » Des propositions, il n’en manque pas, pour peu « qu’elles trouvent des oreilles attentives, car nous sommes des professionnels de carrière. Nous connaissons le métier sur le bout des doigts, mais nous sommes désolés de constater la dégradation de la situation qui s’aggrave de jour en jour, l’application des prix de plus en plus élevés, ce qui va à l’encontre de la déontologie et des principes que nous ont inculqués nos ainés. Malheureusement, depuis l’indépendance, les spéculateurs construisent des châteaux avec de l’argent gagné sur le dos des consommateurs » Aussi, les mandataires professionnels , « qui parlent pour le bien de tous » par la voix de M. Ouki, proposent comme solution, avant tout la multiplication des marchés et points de vente afin de « faire bouger l’activité stagnante réduite à un cercle restreint d’opérateurs, et par là, instaurer une saine concurrence ». Mettre définitivement fin au monopole imposé par certains, à la mauvaise gestion du secteur, caractérisée par la vente du plus clair de la production nationale en dehors des marchés, ce qui fait encore grimper les prix à la consommation. Rendre plus dynamique l’activité des inspecteurs du commerce, de la CCI, enfin de tous les acteurs concernés « qui doivent absolument se serrer les coudes et faire face à cette situation ». Demander instamment au ministère du Commerce de réagir fermement et de répondre aux nombreuses doléances et propositions des mandataires.
lestrepublicain - 18 février 2015 - Farida H.
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