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Annaba: OUED SEYBOUSE - Alerte à la pollution

Publié le 06/07/2015
Alerte à la pollution De nombreux témoins oculaires signalent que dans la matinée de vendredi dernier, une importante marée de couleur jaunâtre a été visible au large de l’embouchure d’Oued Seybouse, dont la  pollution des rejets toxiques a fini par empoisonner la vie quotidienne de nombreux habitants notamment des quartiers populaires et populeux de Sidi-Salem et Joannoville. Si certains n’écartent pas l’hypothèse qu’il s’agit d’un rejet nuisible d’une entreprise implantée dans les alentours, d’autres tirent la sonnette d’alarme et estiment qu’aujourd’hui, les risques de pollution maritime sont de plus en plus importants, notamment avec la hausse des exportations de phosphate, d’ammoniac et d’hydrocarbures raffinés et elles se sont accrues par ailleurs avec le développement des transports maritimes de substances dangereuses. Le vent fort du Nord qui a soufflé le jour d’après, soit samedi, a déplacé la gigantesque marée en question vers le nord/est du littoral annabi. Cependant,  tout le monde ici le dit : « le mal à Annaba s’appelle l’embouchure de la Seybouse qui déverse des quantités de déchets toxiques, lesquelles ont transformé la cité de Sidi Salem, où se jette l’oued, en un véritable dépotoir de nuisance mortelle. » Cela est justifié par le fait que la totalité des eaux résiduelles de l’Oued Seybouse, un bassin de  6.400 Km carrés,  vont à la mer sans être épurées. D’ailleurs, la corniche annabie est qualifiée de l’un des espaces les plus polluées du littoral algérien, en raison des eaux de la Seybouse, qui prend ses sources à partir des hautes plaines de la région d’Aïn-Beïda. L’embouchure de la Seybouse représente un véritable catalyseur de déchets de toute sorte. Nous sommes en présence d’un conglomérat de liquide visqueux et vaseux renfermant des vecteurs de maladies infectieuses. En effet, plusieurs unités industrielles déversent leurs déchets toxiques dans l’Oued Seybouse qui les entraîne dans son sillage vers l’embouchure et les propage ainsi sur tout le littoral annabi. Pour preuve l’impact dévastateur sur la faune et la flore. Aujourd’hui plus que jamais, la nécessité absolue de procéder à la réhabilitation du front de mer de la cité de Sidi Salem s’impose. « Nous préférons le terme de zone, car nous ne sommes plus en présence d’un quartier, tant l’environnement est plus que pollué et la structure sociale de cette zone se trouve bien en marge de la vie de la grande ville de Annaba », précise un professeur en sciences sociales et humaines.  Du côté de l’Association nationale de lutte contre la pollution (ANPEP), l’on signale que plus de 5 millions de mètres cubes (M3) d’eaux usées infectées de divers produits polluants, dont des huiles industrielles sont déversés quotidiennement dans cet Oued. Comment protéger l’environnement ? Aux yeux de certains écologistes contactés à ce sujet « c’est une question qui ne concerne pas uniquement un tel ou tel. Elle est dans la conscience de tous les habitants de la Coquette. Et résoudre ce dilemme, repose avant tout sur le civisme de la population, sur la prévention, la sensibilisation et l’acte assidu d’assainissement et de salubrité publique. Il est devenu urgent de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin d’appliquer les lois en vigueur concernant la protection du littoral dans toute sa rigueur et d’éviter une pollution certaine suivie d’une dégradation irréversible du littoral». Pour beaucoup d’Annabis, cette partie du littoral où les amoncellements de détritus qui polluent l’ensemble de la zone de Sidi Salem sont légions, demande l’apport d’un soin particulier et doit être libérée de toute contrainte imposée par l’avancée des sables qui obstruent par endroit, la voie de la circulation routière, par les étalages de fortune « installés » par des poissonniers à la sauvette, par ces semblants de « plaisanciers» qui guettent les postulant à la « harga », un drame humain inclus dans la question de l’environnement humain. Il est utile de rappeler que les autorités de la wilaya avaient lancé en décembre 2009, une étude devant être assurée par SAFEGE, un bureau d’étude français expert en la matière,  pour un montant de 360 millions de dinars. Afin de mieux cerner, localiser et évaluer le problème de pollution de la Seybouse, les experts français  en charge de cette mission très délicate, auront à décortiquer les différents caractères de traitement de la pollution par zone d’activité industrielle. Les investigations de cette étude allaient cibler toute  la partie en aval de l’Oued Seybouse, dont le bassin versant traverse quatre wilayas (Annaba, El-Tarf, Guelma, et Souk-Ahras). Malheureusement, 5 ans après, cette étude qui devait permettre d’abord l’identification des unités industrielles polluantes et ensuite le mode de procédés de  traitement des rejets,  n’a jamais vue le jour pour des raisons qui demeurent obscures.  Pour la direction de l’environnement de la wilaya de Annaba,  il est devenu urgent de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin d’appliquer les lois en vigueur concernant la protection du littoral dans toute sa rigueur et surtout agir dans les plus brefs délais pour procéder à la dépollution de l’oued Seybouse et la récupération des eaux au profit des agriculteurs.

lestrepublicain - 06 juillet 2015 - B. Salah-Eddine

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