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Annaba: A LA SUITE D’UN MASSACRE ORGANISÉ - Disparition du haricot de mer

Publié le 29/09/2015
Disparition du haricot de mer On massacre organisé puisque très lucratif pour ceux qui passent leur vie à tirer un « cope », sorte d’engin muni d’un filet grillagé, et d’un long manchon monté sur une armature métallique, pour récupérer tout ce qui vit sous le sable, l’eau leur arrivant jusqu’au cou. Les haricots de mer ont bel et bien disparu des côtes de Annaba et particulièrement celles d’El- Tarf. Les « ramasseurs de ce coquillage très apprécié des annabis  n’hésitent pas à récupérer même ceux qui n’ont que quelques mois, les empêchant ainsi d’atteindre l’âge adulte et ainsi se reproduire. Ce coquillage vit dans les fonds sableux et il est qualifié d’être un fouisseur et un filtreur du sable dans lequel, il évolue. A partir d’un certain âge, il commence le cycle de la reproduction et sa taille atteint alors 1 cm de longueur. Son nom scientifique le «  dorax trunculus »  est bien connu des gens de la mer, mais il porte également d’autres noms selon les régions où on le trouve. Ainsi pour certains,  le haricot de mer est appelé olive de mer, flion,  pour d’autres « douceron » etc... Après le massacre du corail, celui de cet animal marin ne semble déranger personne et fait de bonnes affaires surtout aux nombreux camions qui viennent d’Alger la capitale pour en acheter pleins de sacs à des prix dérisoires. Avant, on le cueillait sur n’importe quelle plage d’Annaba, mais il foisonnait particulièrement à partir de la plage Seybouse jusqu’à la frontière tunisienne. On n’en voit plus au marché central ou dans celui d’El Hattab. Les quelques kilos ramassés sont désormais cédés aux gens de la capitale. La pollution a également joué son rôle car l’eau de la Méditerranée était limpide et on pouvait voir les poissons évoluer dans ses profondeurs. L’avènement de plusieurs usines qui déversent les eaux polluées a fait que toute la côte s’est retrouvée désertée par sa faune, puisque la flore était atteinte et ne pouvait plus subvenir aux besoins alimentaires de ses habitants aquatiques. Plus de loups de mer «  karousse », si faciles à capturer, plus de belles ombrines et plus de mérous, dont une hécatombe avait été décelée il y a quelques années du côté de la plage de Koudiat Edraouch. Le détournement de l’Oued Seybouse qui prenait son embouchure à « la pointe » à Joanonville, avait déjà changé le visage de la ville. S’en était suivie le déversement de produits chimiques de l’usine de levure de Bouchegouf en amont puis plus en aval les conserveries de tomate, cela sans compter les usines lourdes  se trouvant à proximité de la mer. Le sable est recouvert d’une pellicule qui empêche toute vie aquatique Avant on récoltait les haricots de mer, les clovisses et les praires tout le long des plages allant de l’embouchure jusqu’à la plage d’El Battah. Cette dernière était réputée pour ses matsagounes  « grosses crevettes grises »  qu’on ramassait la nuit sur les bords de l’Oued Mafrag rien qu’avec l’apport d’une lampe électrique. Leurs yeux phosphorescents permettaient de les découvrir se reposant sur le sable.  Et les jeunes ramasseurs de coquillage pourront continuer à gratter les fonds sableux, récoltant en même temps les petits crabes si appréciés comme amorce par les pêcheurs sans être inquiétés. Le massacre continue au vu et au su de tous.

lestrepublicain -
29 septembre 2015 - Ahmed Chabi

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