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Annaba: Berka Zerga, Plaie ouverte sur la ville

Publié le 25/09/2016
Berka Zerga, Plaie ouverte sur la villeBerka Zerga en temps réel. Longtemps fermé à la presse, et pour cause, notre visite en fin de semaine sur ce site nous aura permis de  comprendre  qu’il était temps que les choses soient prises en main. Et aussi pourquoi le wali avait décidé  dernièrement de changer le staff de ce secteur  important qu’est celui de la protection de l’environnement, et d’installer à sa tête  une équipe de jeunes universitaires dynamiques et très motivées  pour  en faire un pôle productif à plus d’un titre. D’abord pour redresser la situation ensuite pour assurer une gestion rationnelle et efficiente  des déchets ménagers par la réalisation d’un CET aux normes dans la foulée de ceux créés déjà  à travers 41 wilayas, ensuite pour assurer  la création de richesses et d’emplois, en rentabilisant  ces déchets par le recyclage tous azimuts comme nous l’a expliqué M. Fayçal Loudjani, le DG du bureau d’études « Général Environnement » qui a à son actif la réalisation de pratiquement tous les  CET à travers le pays, et qui est chargé de celui de Berka Zerga. Il y a beaucoup à faire sur un site laissé longtemps  à l’abandon, aux mauvaises herbes. Et à commencer par cette clôture qui ne protège plus les 26 hectares  du CET. Un centre, crée en 1995 et  qui n’a de CET que le nom, car il était  « exploité jusqu’ici comme une décharge sauvage » dira le chef du bureau d’études qui parle d’un véritable plan  de redressement décidé par M. le Wali, et qui  devra nécessairement être appliqué pour  aligner la wilaya sur les autres régions dans le domaine de la gestion moderne et rationnelle des déchets ménagers. Un programme national comme on le sait, mais que les responsables de ce secteur de la  quatrième ville du pays semblent  avoir négligé. Et pour cause, le constat est là, comme l’a affirmé, amer,  notre interlocuteur. « Ce programme national, dans lequel sont impliqués des coopérants Allemands et Belges a couté au pays des milliers de milliards. Il aura réussi partout à travers le territoire national, sauf à Annaba. » Pour notre part, à en croire des indiscrétions, la gestion de Berka Zerga  aurait, jusqu’ici englouti la bagatelle de près de quarante milliards de centimes pour un résultat très mitigé.  Un chiffre que nous n’avons pu confirmer auprès de nos interlocuteurs. A l’entrée, un gardien qui ne semble pas garder grand-chose, quand on voit l’état délabré  de la clôture extérieure. A tel point que l’on a, tout simplement construit un autre mur au milieu du terrain, scindant la surface en deux, laissant une grande partie de terrain aux indûs occupants et à leurs petites « entreprises » , entre laiteries pour la traite de centaines de bovins « informels » qui se nourrissent de la décharge, et d’ateliers mécaniques et de réparation de véhicules, de soudure, comme nous l’avons constaté  lors d’une  précédente intrusion en catimini il y a quelques années et publié dans nos colonnes. Sur un terrain appartenant à l’Etat et où la presse n’était pas la bienvenue sur ce site. Aussi bien du coté du gardiennage que celui des indus occupants. Sur la route mangée par les mauvaises herbes par endroits et  menant vers les casiers d’enfouissement, l’éclairage fait défaut « les lampes n’ont pas été remplacées, laissant dans le noir tout le site ». Aucune installation pour le personnel n’est prévue. Pas de vestiaires. L’odeur pestilentielle qui se dégage du site   mal entretenu est telle « que les taximen refusent de prendre à leurs bords les travailleurs de la décharge » dira un travailleur. Un autre avouera que «l’odeur de mes vêtements me précède dans le voisinage. Tout le monde sait que je rentre chez moi.» Des cheptels  qui se nourrissent de déchets ménagers « un véritable crime quand on pense à la viande et au lait qui proviennent de ces animaux » Autre manquement à la sécurité, il n’y a pas de réseau d’incendie, alors que le danger est omniprésent quand on connait la dangerosité des gaz  qui sortent des déchets compactés. Et, bien sûr, des centaines de vaches qui se promènent partout, seules, ou en groupes. Des cheptels  qui se nourrissent de déchets ménagers « un véritable crime quand on pense à la viande et au lait qui proviennent de ces animaux » s’insurge notre interlocuteur. Première initiative  du premier responsable de la wilaya, le recasement immédiat des huit familles qui avaient élu domicile  tout à fait impunément  intra muros, exploitant sans vergogne la décharge pour y faire paître leurs cheptels  en installant même un dispositif électrique de traite.  Leurs maisons ont été rasées ainsi qu’une ancienne école qui avait été squattée par ces indus occupants. Sur place, nous avons d’ailleurs croisé plusieurs camionnettes de collecte. Un lait  qui ira vers l’Onalait ou les revendeurs de « lait   de vache  » à 40 dinars le litre, très prisé par les consommateurs  désireux d’apporter à leurs enfants tous les bienfaits d’un  « produit naturel ». Des  troupeaux de vaches partout, de grosses laitières appartenant aux éleveurs informels des alentours, et il y en a beaucoup. Et qui continueront à entrer et sortir par les trous faits dans la clôture en dur. A Berka Zerga, on continuait à incinérer l’excédent de déchets à la saturation des quatre casiers au lieu d’en prévoir de nouveaux, car  il y a de la place. Les quatre  casiers (des bassins recouverts de géo membrane, matériau spécial étanche pour recevoir  les déchets ménagers compactés) déclarés saturés, auraient dû être  protégés par une couverture spéciale en vue de recevoir du terreau. Un enfouissement bio qui  rendra le site à la nature, sans rejets nocifs. Mais là,  des rejets nocifs, il y en a, très toxiques,  au fond de ces trois  casiers, car le réseau de dégagement des gaz émis par la fermentation des déchets n’est pas opérationnel et encore moins celui   du « lixiviat » le nom scientifique du liquide qui s’écoule des déchets au fond des casiers. Un liquide « extrêmement dangereux » selon les spécialistes qui, en principe est dégagé par des collecteurs spéciaux vers une station de « lagunage » où il sera traité. Les tuyaux collecteurs, cassés ou inexistants parfois, rendent les sites  potentiellement dangereux en termes de pollution extrême, car le lixiviat reste au fond des casiers, ou s’écoule ou se fraie un chemin sur les  flancs des remblais, à fleur de sol, faisant de gosses mares de liquide noir tout autour  comme nous avons pu le constater sur place. Un peu plus loin,  deux stations de lagunages, très réduites en matière de construction et de surface, sont débordées de ce liquide nauséabond et dangereux à plus d’un titre. « L’hiver, la pluie emplit ces petits bassins, et le liquide s’écoule tout autour ». Sans parler des nappes d’eau souterraines qui sont contaminées indubitablement. Une pollution qui a été l’objet  de plusieurs plaintes émanant des  agriculteurs voisins, qui craignent pour l’avenir de leurs exploitations. A Berka Zerga, on continuait à incinérer l’excédent de déchets, à la saturation des quatre casiers au lieu d’en prévoir de nouveaux, car  il y a de la place. « Il n’y a pas de problème de terrain, mais de gestion » dira M. Loudjani. Sur la décharge, beaucoup d’enfants  des habitations environnantes s’y rendent à la sortie de l’école, entrant par les trous du mur, pour gagner un plus  pour leurs familles. De son coté, le nouveau directeur de l’EPIC chargé désormais de la gestion du CET M.Karim Hamlil qui nous accompagnait dans cette visite en compagnie du directeur de l’environnement de la wilaya, M. Nourredine Chouali,  s’étonnera du fait que « la santé financière  de l’EPIC  étant  bonne, alors pourquoi aucun investissement n’a été fait ». Ce jeune responsable mise sur l’exploitation du CET une fois remis sur les rails. « Actuellement, l’EPIC enregistre un  important manque à gagner » en parlant de la collecte en vue du recyclage des déchets. « Une véritable manne financière laissée jusqu’ici en jachère » dira t’il, quand on sait que  cette entreprise de gestion  n’encaisse que 3200 dinars par mois de la part des 6 promoteurs « officiels » de la décharge. Tous les autres exploitent le site au noir. « Une économie informelle et parallèle dira M. Chouali. Nous avons pu rencontrer quelques uns de ces collecteurs juchés sur le haut des casiers, un  grand sac de plastique en main. Mourad, 24 ans et qui en paraît 15, avoue travailler depuis plus de huit ans, donc il était mineur. Aucune protection, les mains nues, sans chaussures de protection, livré aux maladies et aux blessures, à la contamination. « Je gagne entre 1500 et 2000 dinars par jour, mais je ne viens pas souvent, pour ne pas tomber malade » dira t’il. Plus loin, un vieillard peu loquace aligne  contre le mur plusieurs sacs remplis d’articles de plastique. Il est là depuis l’aube et il n’a pas chômé. Mais lui aussi, tout comme les autres ramasseurs rencontrés n’ont que la peau sur les os. « Certains nous donnent des sueurs froides quand ils s’approchent trop du compacteur au risque d’être réduits en bouillie » » avouera M. Loudjani. Sur la décharge, beaucoup d’enfants  des habitations environnantes s’y rendront à la sortie de l’école, entrant par les trous du mur, pour gagner un plus pour leurs familles.  Pour le directeur de l’environnement, « il faut faire l’équilibre entre le traitement écologique des déchets ménagers et la santé financière de l’EPIC chargée de la gestion du CET. L’un ne peut aller sans l’autre. »  Ce dernier devait nous parler de la constatation  de la situation actuelle de la décharge, en se promettant d’en faire, en compagnie de ses collaborateurs tout aussi engagés, et avec l’appui de la wilaya, « la meilleure décharge du pays, car elle a connu beaucoup d’aléas » jusqu’ici. Le redressement tant attendu aussi bien  à Berka Zargua  que par les autres daïras de la wilaya qui, elles aussi rencontrent beaucoup de problèmes avec leurs décharges  aménagées, des mini CET mal gérées jusqu’ici, une population vivant aux alentours incommodée par les odeurs et les fumées sera réalisé dans un temps record, à voir la volonté affichée par nos interlocuteurs. On ne peut que constater que désormais, ce secteur  est entre de bonnes mains.
lestrepublicain - 24 septembre 2016  - Farida H.
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