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Annaba: L’extorsion de fonds, un sport local

Publié le 26/02/2013
L’extorsion est devenue depuis des années, un sport local à Annaba, d’abord subtil mais actuellement si visible que cela devient risible, tellement c’est tragique, de voir à quel point certains sont prêts à aller, pour…un repas gratuit. En effet, cela ne se réduit pas à prendre de l’argent mais tout ce qui tombe, pourvu que cela remplisse le ventre et en prend à témoin l’opinion pour ce faire. Par exemple, on « dénonce » et à tort, l’un où il n’y a rien à gratter et on « oublie » son voisin où toute la famille peut s’empiffrer de pizzas gratuite. Et toute l’affaire consiste à ramener le premier dans « le droit chemin », à l’obliger à y aller de sa poche, même si le droit est pour lui, pour qu’on le laisse tranquille. Vous voulez qu’on vous rende service quitte à prendre des libertés avec la loi ? Qu’à cela ne tienne, dénoncez le fonctionnaire réfractaire et il se mettra en quatre pour vous à la prochaine sollicitation mais « oubliez » en chemin, le ripou qui vous ménage avec contreparties sonnantes et trébuchantes, pour ménager ses petites magouilles. « Oublier » que l’on vit de l’argent d’une arnaque et « dénoncer » quelqu’un qui a lui -même été arnaqué, voilà jusqu’ou l’on peut aller à Annaba, où l’on sait tout et ou tout se voit, contrairement à ce que pensent certains. « Oublieux » comme des cancres qu’ils sont parce que celui qui « paye » s’empresse de parler et on assiste alors à un drôle de spectacle, celui d’un « homme » qui plie l’échine devant un autre homme. Toute médaille a son revers et on finit toujours par tomber sur celui qui demandera des comptes, comme cet industriel qui refusa une main tendue et s’exclama, « rends-moi l’argent que je t’ai donné, saleté ! ». Et que croyez- vous que fit l’interpellé ? Il s’enfuit et devant une dizaine de témoins rigolards. Voilà où mène parfois l’aveuglement de « maîtres à penser », pourris jusqu’à la moelle, oubliant quand ils tendent la main que leurs pratiques ne sont qu’une autre forme de mendicité quel que soit le statut qu’ils se donnent ou ce qu’ils croient être. Et s’ils échappent à la justice institutionnelle, ils n’échappent pas à celle des hommes, à une réputation ruinée qui les empêche d’affronter les promeneurs du Cours de la Révolution, de peur de tomber sur quelqu’un qui va demander des comptes à haute voix, les humilier et les insulter , sans qu’ils puissent réagir. C’est cela le lot de ceux qui vivent d’extorsion, ils doivent aussi vivre cachés et raser les murs quand ils s’aventurent en ville.

L'EST - 26/02/2013 - Ammar Nadir

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Les Commentaires

Excellente réflexion sur ce sujet Monsieur Ammar Nadir.
Tout récemment, dans un pays non loin du notre, un petit entrepreneur en peinture, déposa chez la secrétaire d'un homme influent une corbeille contenant des cadeaux, comme remerciement à l'homme pour lui avoir attribuer au paravant un marché que l'entrepreneur remporta, en réalité, en toute justice grâce à une offre remplissant toutes les garanties, mais également aux inombrables références et autres recommandations positives à son égard.
Dès l'arrivée au cabinet, l'homme appela aussitôt sa secrétaire pour lui demander des explications sur cette jolie corbeille qui trônait au milieu de son bureau? La jeune dame lui expliqua qu'il s'agit d'un présent de monsieur X à l'occasion de cette fin d'année, en guise de remerciement. L'homme ordonna séance tenante à sa secrétaire d'appeler le dit entrepreneur pour lui demander de venir checher son présent, tout en lui ajoutant tout de même, de le remercier de sa part pour son aimable geste, mais que par principe il ne pouvait l'accepter.
La secrétaire étonnée, trouva la réaction de son patron un peu démesurée pour un simple cadeau de fin d'année comme c'est l'usage. Quelque temps plus tard, elle retourna au bureau de son patron pour lui demander poliment la raison du refus d'accepter ce cadeau.
" Je veux garder ma liberté, chère madame lui dit-il, ainsi que la liberté de mon équipe pour pouvoir accorder à qui nous jugeons avoir le plus de mérite d'emporter tel ou tel marché. Je ne veux pas me sentir redevable envers quiconque où je me trouverais dans l'obligation de lui restituer ce qu'il m'a donné. Et puis, même si j'acceptais, qui peut me garantir si jamais un jour je changé d'avis, qu'il n'irait pas claironner à tout le monde qu'il m'offrait des cadeaux." Par ces mots la jeune secrétaire baissa la tête et retourna en silence dans son bureau.
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