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Annaba: Culture - UN LIVRE, UN AUTEUR - L’histoire des hôpitaux d’Annaba

Publié le 28/10/2013
Le docteur Boumaza, qui n’est pas à présenter est un enfant de la ville d’Annaba. L’auteur est déjà connu pour avoir produit un livre sur l’histoire du massif de l’Edough et voilà maintenant qu’il met à la disposition des lecteurs intéressés ou ceux qui le seront par la suite l’histoire des hôpitaux de la ville d’Annaba avec un large aperçu sur la santé dans cette ville à travers les siècles. Un travail titanesque a été accompli afin d’arriver à réaliser ce rêve auquel il a consacré beaucoup de temps jusqu’à sacrifier sa vie familiale. Pour cette raison dans sa dédicace il demande à son épouse de lui pardonner d’avoir passé trop de temps devant l’ordinateur et à ses enfants auxquels il a voulu transmettre son amour pour la ville natale. Le docteur Boumaza n’oublie pas la Santé Publique à laquelle il a offert « trente de ses meilleures années » et en laquelle il croit encore. L’histoire des hôpitaux d’Annaba depuis les guerres puniques du temps où Carthage régnait sur toute une partie de l’Afrique du Nord, en passant par l’occupation vandale menée par le terrible roi Genséric et byzantine, l’auteur nous emmène à la conquête arabo musulmane puis à l’occupation hispanique et le protectorat ottoman pour arriver enfin à la période contemporaine englobant la colonisation française, puis la guerre de libération nationale et enfin la période post indépendance. Tout commence par les premiers hôpitaux islamiques « El Bîmâristane » pendant lesquels les échanges culturels entre l’orient et l’Andalousie et le Maghreb étaient intenses. Bouna voyait alors rayonner la mosquée université de Abu Merouane dont le nom provient de Abou Merouane Ibn Ali Al Bouni, né en Andalousie en 1037 et devenu par la suite imam de cette prestigieuse mosquée qui a vu défiler de grands savants et médecins parmi lesquels Ibn Fradj Mohamed médecin, philosophe et juriste qui s’occupait également de pharmacie, Al Machadally, Ali Ibn Mohamed médecin et anatomiste ,originaire de Bouna et qui a écrit de nombreux livres sur la médecine. En ces temps-là les mosquées et les Zaouïas étaient des sources du savoir et du rayonnement culturel de Bouna. La médecine traditionnelle populaire était de l’apanage des seuls coiffeurs barbiers qui soignaient, pratiquaient les ventouses, les saignées et les extractions dentaires. Elle était souvent mêlée à la sorcellerie et il y avait plus de charlatans que de véritables thérapeutes. Les amulettes et autres talismans (Hrouz) étaient utilisés contre le mauvais oeil et aussi à des fins thérapeutiques contre les troubles psychiatriques. La fondation Baba Bel Mansour qui se trouvait 4 Rue du Capitaine Khaled, près de Djemaâ El Bey, après été un asile où les voyageurs bénéficiaient de l’asile offrant toutes les commodités tels que dortoir, réfectoire et services sanitaires devint par la suite et resta une importante fondation hospitalière tout au long des siècles jusqu’à l’occupation française. Malheureusement, d’après l’auteur la destruction de documents au début de la colonisation et l’expropriation de toutes les infrastructures publiques n’a pas permis une recherche précise des établissements de soins et d’hôpitaux existant à Bouna et dans les autres villes avant la colonisation. La prise de la Casbah le 27 Mars 1832 marquait l’occupation totale de Bouna et son passage définitif sous la coupe de la France, et cela au bout de deux années de siège, pour dire que la ville avait opposé une forte résistance. Les premiers jours du mois de mai 1833, le général d’Uzer vint alors assurer la possession de la ville. L’état de santé alarmant des troupes qui perdaient beaucoup d’hommes suite aux différentes épidémies avait obligé l’occupant à transformer des mosquées en hôpitaux. Le premier choix était tombé sur Djemaâ El Bey puis on avait décidé de prendre Abou Merouane et Sidi Khedir. L’équipement de ce nouvel hôpital se fit en récupérant des matelas, des draps, autres lits et couvertures de la ville elle-même. Quant à l’hôpital de Sidi Khedir, situé face au Pont de la Tranchée, dont la mosquée a servi de local, il fût entièrement détruit en 1841, pour laisser la place à des immeubles dont l’un servit d’hôpital jusqu’en 1862. Quant à la mosquée Abou Merouane, on avait dû réquisitionner des maisons de la Rue Philipe et d’Armandy (Aujourd’hui des frères Djaâtout) pour faire face au nombre important de malades à la suite de plusieurs épidémies qui avaient décimé une partie de la population. Les salles de la mosquée ne pouvaient qu’accueillir 106 lits. Les médicaments manquaient, le personnel médical ne pouvait suffire aux exigences du service. Ainsi d’après l’auteur Dar El Bana, Dar El Karma, Dar Belarej, Dar Roumana Dar Sraïa et deux médersas virent leurs occupants jetés à la rue. L’hôpital militaire avait grâce à ces expulsions une capacité de 400 lits en 1838.Les épidémies se succédèrent à Bône, le paludisme, la peste, le typhus et le choléra firent des ravages. L’année 1845 inaugure le lancement du nouveau plan d’urbanisme de la ville et dès 1846 débutèrent les travaux de construction de la cathédrale Saint Augustin située à l’époque sur les hauteurs de l’actuel Cours de la Révolution. Suivront d’autres constructions le Palais de justice, la maison d’arrêt et une avenue centrale ombragée de Ficus et de platanes, le futur cours qui partage aujourd’hui le centre de la ville. Par la porte des Caroubiers « Bab El M’qaber » vint se placer l’Hôpital civil, à l’emplacement d’un ancien cimetière musulman profané, sur une surface de 73 ares furent construites des baraques qui allaient constituer cette structure hospitalière. Un hospice pour vieillards fût édifié en 1876 sur les hauteurs de Bône et portera le nom du donateur du terrain un certain Coll. Il est devenu l’actuel Hôpital Dorban ou du Pont Blanc comme aiment à l’appeler les Annabis. Le Centre de Santé actuellement « Larbi Khrouf » n’a été bâti qu’en 1949 et a été inauguré par le Président français Vincent Auriol en Mai de la même année. Il se trouve en contrebas de la colline des Santons qui servait d’assiette dès 1936à la construction des HBM (Habitations Bon Marché) devenus plus tard les HLM (Habitations à Loyer Modéré). Situé à 12 kilomètres d’Annaba, le village de Aïn Bou Haddada (aujourd’hui Séraïdi) vit à partir de 1948 le début des travaux de construction du Préventorium, d’une capacité de 300lits.Il était destiné que pour les enfants de 6 à 14 ans porteurs d’une primoinfection. Quant à la clinique Sainte Thérèse elle avait été édifiée par la Caisse Agricole et ouverte à l’ensemble du personnel. Le dernier hôpital bâti avant l’indépendance est celui de « Agbet El Ahçane », en haut de l’ancienne rue de Strasbourg et inauguré en 1958 ; à l’ origine de sa conception cet édifice avait une vocation militaire et disposait d’un héliport. Il ne fut transféré aux autorités civiles qu’en 1964 pour porter le nom d’Ibn Rochd. Notons que toujours d’après le Docteur Boumaza le Sanatorium, actuel Ibn Sina a été réceptionné seulement en 1961 exactement le dernier jour de l’année, le 31 Décembre. L’ouvrage se termine par un chapitre consacré au secteur de la santé dans la wilaya d’Annaba en 2008, qui comptait alors un seul CHU à vocation régionale, avec 1074 lits, 3 établissements hospitaliers à vocation régionale dont l’hôpital spécialisé complexe mère-enfant d’El Bouni (151 lits), l’hôpital psychiatrique Errazi (240 lits), et un hôpital spécialisé en rééducation fonctionnelle de Séraïdi de 12O lits. 3 établissements publics de soins de proximité comportant toutes les unités extrahospitalières (Polycliniques et salles de soins) de la wilaya : EPSP Annaba, EPSP El Hadjar et EPSP Berrahal. Deux (2) établissements publics hospitaliers : l’EPH de Aïn Berda disposant d’un hôpital général de 50 lits et l’EPH de Chétaïbi avec un hôpital général de 50 lits. Il y a lieu de signaler que la ville d’Annaba ne dispose pas d’un hôpital de soins généraux qui est un niveau intermédiaire indispensable entre les unités de soins de base et le niveau spécialisé. Cette lacune a été comblée par la mise en service depuis 2009 du nouvel hôpital d’El Hadjar de 120 lits. Le livre se termine par ces mots « L’hôpital général de demain restera un élément très important dans le grand réseau sanitaire. Il sera complété par d’autres établissements, des cliniques spécialisées, par des cliniques polyvalentes de jour (la polyclinique), par les soins dans les milieux du travail et à domicile. Cet hôpital de demain c’est à nous, professionnels de la santé, de le construire.» Sur cette note de grand pessimisme et d’espoir se referme cet ouvrage si riche et instructif que tout lecteur aimera feuilleter et apprendre à travers lui l’histoire de la médecine en général et celle de notre région.

 L'EST - 28/10/2013 - Ahmed Chabi

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