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Annaba: DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE MÉDICAMENT - Seule la production nationale…

Publié le 17/10/2016
Seule la production nationale…On dit que la qualité de vie d’un peuple et de son espérance de vie se mesurent par la capacité d’un pouvoir public d’offrir un accès aux soins  à tout un chacun.  Comment faire de la filière pharmaceutique en Algérie, un marché attractif qui contribue à l’essor économique du pays,  répondre aux besoins grandissant de la population en médicaments  et être au diapason des exigences de ce secteur qui nécessite l’apport de toutes les parties prenantes pour une meilleure prise en charge du patient ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions et soulever les multiples lacunes de  ce secteur, une journée de débat sur l’industrie pharmaceutique en Algérie  et ses enjeux, a eu lieu avant-hier  au complexe touristique Sabri. Pour débattre de ce sujet, des représentants des entreprises opérant dans le secteur, des responsables de la CASNOS et de la CNAS, des délégués médicaux et commerciaux ont tous répondu présents à ce débat. Pour avoir une idée, le marché algérien du médicament est estimé à plus de 400 milliards de dinars. Ce chiffre est prévu à la hausse, et selon les estimations, il atteindra les 580 milliards de dinars en 2019. Pour les professionnels du secteur  la production du médicament en Algérie couvre 45% des besoins de la population. Les 55% restant sont de l’importation.  Et c’est là que le bat blesse. En effet, avec la chute des prix du baril du pétrole les autorités ne sont plus en mesure de supporter des factures exorbitantes liées à l’importation. Sans vouloir être alarmistes ou dans l’exagération,  les intervenants n’excluent pas une pénurie de médicaments à moyen terme si rien n’est fait pour assainir le secteur ou du moins l’améliorer.  C’est pourquoi il est plus qu’urgent de se tourner résolument vers une production 100% nationale. Pour ce faire,  tous les participants s’accordent unanimement  à dire qu’il faut mettre de l’ordre dans un secteur longtemps miné par les méandres de l’administration, la concurrence déloyale du secteur privé porté sur l’importation et le gain rapide, et surtout un plan de formation majeure touchant tous les acteurs du secteur. La formation qui demeure un point d’achoppement très largement évoqué freine l’évolution rapide du secteur. Beaucoup d’acteurs novices non pas une formation qualifiante puisque issue d’autres disciplines et qui se sont trouvés malgré eux dans un domaine qui nécessite un minimum de connaissances du milieu médical. « Former des commerciaux au métier médical est  un défi majeur à relever car le commercial est la vitrine de l’entreprise qui l’embauche et s’il n’est pas capable de convaincre sur les bienfaits d’un tel ou tel médicament auprès de ses interlocuteurs médecins ou pharmaciens il a failli à sa mission ». Des insuffisances connues et décriées  de tous mais difficile d’améliorer réellement  tant que l’inertie a de beaux jours devant elle. De son côté, le représentant de la CASNOS présent à ce débat  a tenu à montrer l’importance du partenariat qui lie l’organisme de la CASNOS aux pharmaciens. Un partenariat très récent puisque il a vu le jour en 2009. Il a  surtout voulu calmer la colère des pharmaciens qui,  par le truchement de leur représentant reprochent à la CASNOS sa lourdeur administrative et les délais de remboursement très longs ce qui met souvent leur trésorerie dans le rouge et, du coup,  menacent de ne plus avancer de médicaments aux patients quitte à mettre la vie de ces derniers en danger notamment les malades chroniques. D’aucuns  proposent même de révolutionner le système CASNOS en introduisant la télétransmission. Il s’agit d’un système électronique d’interconnexion qui permet au pharmacien de transmettre sous format électronique les ordonnances  médicales. Cette interconnexion permet un gain de temps énorme pour les pharmaciens qui passent trop de temps à effectuer des tâches administratives qui ne relèvent pas de leur priorité. C’est aussi un soulagement pour la CASNOS qui croule sous les ordonnances et accuse un retard de traitement des remboursements. Seul bémol, cet investissement est coûteux puisque les deux parties doivent s’équiper de matériel informatique qu’ils doivent forcément importer de l’étranger. Par ailleurs, l’exemple tunisien qui a donné ses fruits pour ce pays voisin, est un modèle de réussite qu’il faut suivre en Algérie, ont tenu à préciser les intervenants. Cela explique qu’en dépit des mesures mises en place par les pouvoirs publics pour assurer une permanence des officines, l’idée n’a malheureusement pas atteint l’objectif escompté. Au terme de cette journée à laquelle médecins et pharmaciens ont soulevé les différentes préoccupations de leur secteur, cette rencontre a permis de confronter les idées et d’établir un diagnostic, à déceler les points forts et les points faibles du secteur. Reste à savoir si cette autocritique lors de ce débat servira de catalyseur pour hisser ce secteur au rang qui lui sied.   
lestrepublicain -  17 octobre 2016  - Boufessioua Sofiane

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