
Un jeune est appelé à la barre et d’emblée le juge lui demande « où est passée « El Kelba » ? » ce qui veut dire que cet individu aurait traitée sa propre mère de ce nom d’animal et c’est à coups de citations du Livre saint qu’il l’apostrophe. Le jeune baisse la tête, conscient maintenant du blasphème qu’il a commis en insultant sa génitrice. L’affaire est reportée à la semaine prochaine.
La mère ne s’étant pas présentée. Un autre qui fournissait de la viande hachée à un restaurant « Errahma » est épinglé pour commercialisation de produits impropres à la consommation. Mme Nouar adjointe du Procureur Général, qui siège au fauteuil du Ministère Public, aggrave la peine de 2 mois du premier jugement et requiert 6 mois ferme et 50 000 DA d’amende à l’encontre du restaurateur de Berrahal. Un autre individu poursuivi pour escroquerie, se défend d’avoir omis de régler une dette de 37 millions de centimes et promet au juge de rembourser dès aujourd’hui le plaignant qui n’a pas jugé utile de se présenter durant les derniers jugements.
L’affaire traîne dans les prétoires depuis 2008. Il est donc demandé un reçu de versement de la somme afin de clore cette histoire. Les personnes présentes dans la salle se lèvent à tour de rôle à chaque fois que le président les cite. Et la séance continue pendant que la salle d’audience se vide progressivement. Les reports à une date ultérieure sont nombreux et les verdicts sont prononcés après les délibérations, soit chaque après midi. La salle d’audience est toujours occupée par les nombreuses victimes et les personnes qui comparaissent libres. Des dizaines de dossiers trônent devant le juge et ses assesseurs, à leur vue l’on se demande comment ils pourraient être traités en une seule séance.
Le rituel commence toujours par la présentation de prévenus emprisonnés. Puis le juge passe aux autres affaires qui ont fait l’objet d’un recours. Par ailleurs elles relèvent toutes du tribunal correctionnel. Après le « défilé »des détenus, le juge qui tient à faire la part des choses avertit les personnes à comparaitre qu’il est là pour les juger et qu’il n’y a pas à le qualifier du terme « ya Khouya » ou « Ya baba laâziz » etc... Comme le gratifient parfois des dames âgées qui sont là justement pour avoir commis des délits ou suspectées de l’avoir fait.
lestrepublicain - 23 décembre 2014 - Ahmed Chabi
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